La finance française et européenne ne va pas assez vite sur la blockchain, regrette Marina Ferrari
«Je vous lance ce soir un appel solennel de coopération et d’ouverture.» C’est par ces mots que Marina Ferrari, la toute nouvelle secrétaire d’Etat chargée du numérique en France, a interpellé les acteurs de la finance et de la blockchain qui étaient réunis ce 10 avril à Bercy à l’occasion de la Paris Blockchain Week. La conférence était intitulée «Finance & Blockchain, le début d’une nouvelle ère ?».
«Acteurs traditionnels de la finance et acteurs spécialisés de la crypto, il faut que vous unissiez vos forces pour ne pas perdre l’avance que nous avons acquise aujourd’hui en France en matière d’innovation financière», a lancé la secrétaire d’Etat.
Marina Ferrari a notamment cité comme menace, l’émergence aux Etats-Unis de fonds indiciels cotés comme les ETF Spot Bitcoin accessibles aux particuliers ou encore de fonds monétaires tokénisés sur Ethereum. L’ETF Spot Bitcoin lancé par le leader mondial de la gestion d’actifs, BlackRock via sa marque iShares, avec Coinbase a connu un succès fulgurant, avec la plus forte collecte jamais enregistrée dans l’histoire des ETF. Ses encours dépasseraient déjà 12 milliards de dollars après seulement quelques semaines d’existence. D’autres promoteurs américains ont aussi lancé des ETF Bitcoin au comptant avec des acteurs de la crypto alors qu’ils les avaient longtemps ignorés. Ces innovations «appellent notre vigilance et une réaction de la part de notre écosystème. La compétition internationale ne tolère ni pause ni hésitation, vous le savez, et notre réussite ne pourra être que collective», assure la secrétaire d’Etat.
Régime pilote sur les infrastructures en Europe
Depuis mars 2023, existe en Europe un régime pilote sur l’application de la technologie blockchain dans le secteur financier. En vigueur pour trois ans, il permet à toute entreprise financière de demander des exemptions ciblées à la réglementation financière traditionnelle pour pouvoir développer des infrastructures de marché admettant des titres financiers inscrits sur blockchain.
«Cette technologie pourrait apporter de réels progrès en matière de financement de l’économie et rendre les marchés financiers plus efficients (…). Cela pourrait notamment améliorer le financement des plus petites entreprises sur le marché obligataire en facilitant la dématérialisation des opérations et la réduction des barrières d’accès au capital tout en soutenant la liquidité de leurs titres», a-t-elle ajouté. «Mais les initiatives en France demeurent limitées», a-t-elle lancé à l’auditoire, regrettant que d’autres places financières en Europe et dans le monde semblent avancer plus rapidement. «A ce stade, nous ne pouvons pas exclure le risque de voir une dépendance à l’égard d’autres acteurs étrangers qui ambitionnent, légitimement, de commercialiser chez nous leurs procédés.»
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Marina Ferrari a par ailleurs rappelé qu’en France, 106 entreprises sont enregistrées en tant que prestataires de services sur actifs numériques (PSAN). Pour se conformer au règlement européen Mica qui entrera en vigueur en juin, les PSAN déjà enregistrés bénéficieront d’une période de 18 mois pour s’adapter. Ceux qui ont un enregistrement renforcé ou un agrément pourront utiliser une procédure simplifiée pendant cette période de transition pour obtenir leurs autorisations sous Mica. «Ce cadre réglementaire européen est un atout en matière d’attractivité», a assuré la secrétaire d’Etat. Le régime français sera adapté par ordonnance d’ici fin juin.
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