« Nous voudrions qu’un tiers de nos actifs en multigestion soit géré par des boutiques »

Dans un entretien à NewsManagers, Furio Pietribiasi présente Mediolanum International Funds Limited, la société de gestion du groupe italien Mediolanum. Basée à Dublin, elle gère la quasi-totalité de ses 49 milliards d’euros par le biais de la multigestion. Dernièrement, MIFL a délégué 1 milliard d’euros à trois boutiques britanniques et 380 millions d’euros à deux boutiques américaines. D’autres délégations devraient suivre.
Laurence Marchal
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NewsManagers: Qui est Mediolanum International FundsLimited? Furio Pietribiasi : Mediolanum Fund Management est la société de gestion européenne des banques italienne et espagnole Banca Mediolanum et Banco Mediolanum. Ces deux établissements sont aussi nos principaux distributeurs. Outre l’Italie et l’Espagne, nous avons des réseaux de distribution en Allemagne via des partenaires qui travaillent avec des conseillers financiers indépendants. Nous sommes basés à Dublin et nous créons des solutions pour les clients particuliers et privés. Outre ces solutions, nous mettons à disposition des conseillers financiers avec lesquels nous travaillons une série de services, comme des formations, du contenu, des stratégies d’investissement… Pour quelles raisons êtes-vous aussi présents en Allemagne? Nous travaillons avec Bank August Lenz, une banque privée qui existe en Bavière depuis la fin du dix-huitième siècle et que le groupe Mediolanum a acquise en 2001. Récemment, nous avons ouvert l’intégralité de notre gamme de fonds à l’Allemagne. Quel est le montant de vos actifs sous gestion? Nous gérons 49 milliards d’euros d’actifs. Une large partie de ces actifs est gérée par le biais de la multigestion. Nous croyons en cette approche qui permet d’associer différents styles de gestion et processus d’investissement, des sociétés de gestion d’origines et de tailles diverses… Nous sommes l’un des principaux multigérants d’Europe grâce à une équipe expérimentée d’une vingtaine de gérants entièrement dédiés à la multigestion. Elle est dirigée par Christophe Jaubert, qui est un ancien de Rothschild HDF Investment Solutions. Nous avons parallèlement développé notre propre gestion directe autour des actions et des obligations. Comment se répartissent vos encours entre gestion directe et multigestion ? Pour le moment, la gestion directe représente environ 10 % de nos encours. Mais elle a vocation à croître. Notre objectif est qu’un tiers de nos encours sous gestion soit géré en interne d’ici à cinq ans. Par ailleurs, sur la partie multigestion, nous voudrions qu’un tiers des encours multigérés soit géré par des boutiques d’investissement spécialisées du monde entier à cinq ans. Cela représente au moins 10 milliards d’euros. Est-ce à dire que jusqu’à présent vous ne faisiez pas appel à des boutiques? Nous avons déjà investi dans des boutiques, mais pas énormément. La raison pour laquelle nous voulons mettre l’accent sur les boutiques aujourd’hui est que les conditions de marché actuelles sont propices au développement de ces structures. Après la crise financière, on a assisté à une augmentation massive des lancements de boutiques. Et avec la concentration du secteur, nous voyons beaucoup de gérants quitter les grandes organisations pour créer leurs propres structures. Certains d’entre eux nous contactent pour savoir si nous avons l’intention de les suivre. Lorsque vous choisissez une société de gestion, lui créez-vous un fonds que vous commercialisez ensuite via vos réseaux? Non, nous ne fonctionnons pas sur ce modèle. Nous avons nos propres solutions de multigestion et nos propres fonds. Une fois que nous avons créé une solution, nous cherchons les différents gérants sur le marché qui sont adaptés à ces solutions, car nous croyons dans la diversification apportée par la multigestion. Nous n’investissons pas uniquement dans leurs fonds, nous leur confions aussi des mandats de subadvisory. Par ailleurs, quand nous investissons dans les boutiques, nous apportons davantage que simplement de l’argent. Nous leur proposons toute une série de services. Nous pouvons les aider à créer leurs propres fonds par exemple. Elles peuvent aussi utiliser notre réseau de consultants et de prestataires de services, que ce soit dans le juridique, l’administration… Pourriez-vous investir au capital d’une petite société de gestion? Il ne faut jamais dire jamais. Nous ne l’excluons pas, mais ce n’est certainement pas une opération que nous ferions de prime abord. Nous pourrions l’envisager dans le cadre d’une relation de long terme. Avant de se marier, il est toujours bien de se fréquenter un peu… Nous devons être à l’aise avec eux et vice-versa. Si la relation a du succès, alors pourquoi pas? Dans combien de boutiques comptez-vous investir? Cela dépend de la taille de la société de gestion, des stratégies… Nous voulons aider nos partenaires, et non pas freiner leur croissance. Par exemple, certaines sociétés peuvent connaître des problèmes de capacité sur leurs stratégies, en étant plafonnés sur les montants qu’ils sont susceptibles de gérer. Dans ce cas, l’idée n’est pas d’absorber toute leur capacité. C’est pourquoi certaines sociétés bénéficient de montants plus ou moins faibles. Le montant alloué dépendra aussi de l’historique des stratégies. Il n’y a pas de règle. L’important est que cet investissement se fasse sur le long terme. Qu’entendez-vous par «long terme»? Nous ne fixons pas de terme. Mais la longévité de nos mandats est assez longue, plus de 8 ans… Comment choisissez-vous les classes d’actifs dans lesquelles vous investissez? S’agit-il pour vous de disposer d’un échantillon de chaque? Une autre raison pour laquelle nous sommes attrayants pour les boutiques est que nous gérons près de 50 milliards d’euros. Nous couvrons presque toutes les classes d’actifs dans nos solutions. Nous avons donc une taille critique pour déléguer n’importe quelle stratégie dans l’univers du coté. Si vous avez déjà des actifs dans une stratégie donnée, il est plus facile d’accorder des capitaux que lorsque vous devez bâtir la classe d’actifs et partir de rien. Vous avez annoncé des accords avec des sociétés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni… Quels seront les prochains accords annoncés? Quid de la France? Nous sommes agnostiques d’un point de vue géographique. Bien sûr, les sociétés ont tendance à venir des Etats-Unis et du Royaume-Uni car ce sont les principaux marchés pour la gestion d’actifs. La France est aussi un marché important, avec notamment un gros vivier de boutiques. Nous avons d’ailleurs déjà investi dans deux boutiques depuis longtemps: Eleva Capital et Zadig Asset Management.

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