Yahoo envisage toutes les hypothèses après l’offre de Microsoft
Le dernier mot est encore loin d’être prononcé ! Alors que Yahoo a promis d’examiner « attentivement et promptement » l’offre non sollicitée de Microsoft de 44,6 milliards de dollars (30 milliards d’euros), soit 31 dollars par titre, Google aurait déjà offert son aide à Yahoo. Les deux groupes pourraient même s’allier, selon une source citée par Reuters. Pour le moment, Yahoo assure passer en revue tous les choix, y compris le maintien de son indépendance, tandis que le marché évoque les noms de Comcast, Viacom ou encore General Electric comme éventuels repreneurs.
Pour autant, le rapprochement de Google et de Yahoo ne convainc pas les experts pour des raisons de concurrence. Une question que se posent aussi les opposants à la fusion Microsoft Yahoo. Ainsi, le vice-président de Google s’interroge sur les risques d’atteinte à la concurrence, notamment s’agissant du rapprochement des deux plus importants systèmes de messagerie. Via son site Internet, Microsoft reproche à Google de dominer la recherche sur Internet, avec, selon comScore, une part de marché de 77 %, contre 16 % pour Yahoo et 4 % pour Microsoft. Aussi, ce dernier justifie une alliance avec Yahoo par les vertus d’une concurrence plus saine.
Bien que l’offre de Microsoft, représente une prime de 62 % sur le cours de jeudi et valorise Yahoo sur des ratios 2008 extrêmement élevés : PE de plus de 60 et ratio valeur d’entreprise sur Ebitda de 19,5 (contre 25 et 16,3 pour Google), le groupe s’estimerait sous-valorisé. Le bureau d’analyse Sanford C. Berstein juge l’offre de 31 dollars « très rusée », car elle met la pression sur la direction de Yahoo pour prendre des mesures qui pourraient libérer la valeur sous-jacente d’actifs de Yahoo, atteignant le haut de la fourchette de 39-45 dollars par titre. De toute manière, les analystes s’accordent sur la nécessité pour Microsoft de relever son offre s’il veut convaincre le conseil de Yahoo. Pour Oppenheimer & Co, Microsoft pourrait aller jusqu’à 40 dollars par action, soit 53,5 milliards de dollars.
Lundi, Microsoft a toutefois estimé son offre « généreuse ». Alors que le paiement se ferait moitié en titres, moitié en numéraire, « nous pourrions en financer l’essentiel via nos liquidités, mais il est probable que nous empruntions pour la première fois. Cela va être un mélange des liquidités que nous avons et de dette », a déclaré Chris Liddell, directeur financier de Microsoft.
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