Wendel entraîné dans une spirale baissière sur les marchés boursiers
Le titre de la société, dont les notes ont été placées lundi sous surveillance par Standard & Poor’s, a perdu près du tiers de sa valeur sur 2008
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Virginie Deneuville
Jean-Bernard Lafonta avait pourtant eu le nez creux. Alors que l’industrie du LBO a marqué un coup d’arrêt dans le sillage de la crise du crédit, le président du directoire de Wendel avait décidé, depuis un an et demi, de ne plus participer à ce type d’opérations, privilégiant les prises de participations à l’image de celles prises dans Saint-Gobain. C’était sans compter sur le repli général des marchés boursiers et plus particulièrement des titres de son portefeuille. Avec un recul de près de 33 % depuis le début de l’année, le titre Wendel (+1,08 % à 66,55 euros hier) évolue désormais à ses plus bas niveaux depuis deux ans et demi.
Ce contexte a conduit Standard & Poor’s (S&P) à placer les notes de la société (BBB/A-2) sous surveillance négative. « Le cours des titres de la plupart des actifs de Wendel a chuté significativement », a expliqué l’agence de notation, mettant notamment en lumière le recul du titre Saint-Gobain, de 30 % par rapport au prix moyen d’acquisition annoncé par Wendel en novembre dernier.
« Dans un marché baissier, la logique de la décote se réapplique », indique un analyste parisien. « Le contexte de marché a recréé de la décote sur le titre Wendel, qui avait réussi à convaincre qu’il était créateur de valeur », explique un autre analyste, qui souligne par ailleurs une communication peu claire lors de l’entrée dans Saint-Gobain.
Le groupe a en tout cas réagi le jour même à l’avertissement de S&P, en apportant des précisions sur les financements mis en place dans le cadre de l’investissement dans Saint-Gobain. Ceux-ci, sans recours sur les autres actifs, « sont à long terme avec des échéances de 3 à 5 ans. Dès l’acquisition des titres, Wendel s’est organisé pour faire face à toute évolution du cours de Saint-Gobain et ne pas subir de risque de liquidité », a expliqué la société. Au maximum, 3 milliards d’euros de financement pourraient « faire l’objet d’appels de marge » pour compenser la baisse des titres Saint-Gobain.
A fin 2007, le bilan de Wendel était composé de 4,9 milliards d’euros d’actifs cotés, de 1,7 milliard d’euros de trésorerie et de 1,25 milliard d’euros de crédit syndiqué non utilisé. Avec cette capacité financière de 3 milliards, « il n’y a donc pas de difficultés à court terme auxquelles on ne pourrait faire face », avait déclaré Jean-Bernard Lafonta, lors d’une journée investisseurs en décembre dernier.
L’activité sur le marché primaire crédit euro a nettement repris avec 20 milliards d’émissions. Les banques ont surpris avec des émissions de titres subordonnés. Côté corporate, Thales a émis des obligations dans le cadre du refinancement de l’acquisition d’Exail.
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