Volkswagen rouvre la voie à un rapprochement Man-Scania

Le constructeur allemand, premier actionnaire de Man, va porter à 68,6 % sa part des droits de vote dans le fabricant suédois de poids lourds
Olivier Decarre

Volkswagen conforte son rôle de pivot dans le dossier Man-Scania. Hier, le constructeur allemand a annoncé s’être entendu avec Investor AB et la famille Wallenberg pour leur racheter des titres représentant 30,62 % des droits de vote de Scania. Via cette opération de 2,9 milliards d’euros, Volkswagen va grimper à 68,6 % des droits de vote du constructeur suédois de poids lourds.

Le groupe allemand avance son « objectif de maximisation de la valeur à long terme pour les actionnaires ». Et s’il n’évoque pas directement l’hypothèse d’un rapprochement avec Man et ses propres activités de poids lourds au Brésil, c’est bien ce scénario qui se trouve remis sur le devant de la scène, selon les analystes. Un porte-parole de Man ne s’y est d’ailleurs pas trompé, saluant « ce nouveau développement qui accroît les chances de coopération entre Man, Scania et les poids lourds de VW ». Naturellement dans un tel scénario, VW serait en mesure jouer le rôle phare.

Depuis qu’il a fait échouer la tentative d’OPA de Man sur Scania pour privilégier « une solution amicale », VW a en effet pris soin de se positionner comme premier actionnaire de Man (29,9 %) et de placer ses hommes aux postes clés. En mars dernier, le président du directoire de VW, Martin Winterkorn, a pris la tête du conseil de surveillance de Scania. Quant à Ferdinand Piëch, président du conseil de surveillance de VW, il s’est fait élire en mai dernier (sous les critiques des petits porteurs) président du conseil de surveillance de Man.

Avec sa montée dans Scania, VW devrait en outre être en mesure de s’assurer une place de choix en cas de création d’un nouvel ensemble. Même en ne se basant que sur ses 37,73 % du capital de Scania, VW pourrait, selon nos calculs, revendiquer quelque 35 % d’un groupe fusionné. Une preuve de l’habileté du tandem Piëch-Winterkorn, sachant que pour certains analystes, les propres poids lourds de VW pèseraient à peine 2 % de l’ensemble.

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