Vinci ne voit pas les turbulences sur les crédits contrarier ses projets en 2008
Dans un métier à forte intensité capitalistique (comme les concessions), l’élargissement des marges de crédit est a priori une mauvaise nouvelle. Néanmoins, lors de la présentation de ses résultats, Vinci a tenu à se montrer rassurant sur ce plan.
Certes, en 2007, les frais financiers nets ont augmenté de près de 20% à 811 millions d’euros. Mais selon le groupe, les deux tiers de l’augmentation sont imputables à l’accroissement de la dette (+1,5 milliard à 16,3 milliards d’euros). Malgré une capacité d’autofinancement de 4,5 milliards, les investissements ont en effet été nombreux (1,3 milliard dans les concessions, 2 milliards sur un plan financier) et se sont ajoutés aux dividendes et rachats d’actions.
Ainsi, Vinci a précisé que l’effet de la hausse des taux est resté contenu. Grâce aux protections du groupe, le coût de financement est passé de 4,82% à 5,21 % entre décembre 2006 et décembre 2007, alors que sur la période, taux longs et taux courts ont gagné 70 et 120 points de base (pb).
Depuis, une nouvelle dégradation a eu lieu sur le marché, comme en témoigne l’iTraxx passé de 50 à 110 pb en deux mois. «Si la crise dure quinze ans, on sera nécessairement pénalisés», ironise Christian Labeyrie, le directeur financier. Mais à court terme, la confiance reste de mise. «100% de la dette nette à fin 2007 est à taux fixes ou taux variables ‘capés’», souligne Vinci, qui précise aussi n’avoir «aucun refinancement nécessaire avant 2012». Mettant en avant «une protection renforcée et dynamique contre le risque de taux», Vinci se dit donc parfaitement en mesure de pouvoir couvrir ses investissements malgré un marché de la dette tendu.
Même une opportunité inattendue ne devrait pas le déstabiliser. «S’il faut mobiliser quelques milliards d’euros pour une opération, on les a», a rappelé Christian Labeyrie. La dette nette de 16,3 milliards correspond en effet à une dette financière de plus de 20,3 milliards et à une position de trésorerie de 4,1 milliards. En ajoutant 6,6 milliards de lignes de crédit confirmées, Vinci indique même disposer de «plus de 10 milliards d’euros» de liquidités.
Finalement, il n’y a que sur l’allongement de la maturité de la dette que Vinci se veut plus prudent. En un an, il l’a portée de 6,8 à 7,2 ans. Mais il reconnaît qu’aller au-delà du niveau actuel risquerait de lui coûter trop cher.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels. -
Bourse Direct est de nouveau sanctionnée par l’AMF
Le gendarme de la Bourse lui a infligé une amende de 800.000 euros. Sa dirigeante, Catherine Nini, écope d’une sanction de 50.000 euros. La commission des sanctions de l’AMF leur reproche des défaillances dans le dispositif de déclaration des transactions à l’AMF et dans le dispositif de surveillance et de détection des abus de marché. -
Le dollar retrouve momentanément son trône au sein des devises
Le billet vert est tiré depuis huit jours par la perspective d’une politique de la Fed plus restrictive, malgré l’accord de paix avec l’Iran, et plus globalement par une meilleure performance de l’économie américaine grâce à l’IA. -
Volkswagen cède le contrôle de ses moteurs industriels à Bain Capital
En transférant au groupe de private equity 51% du capital de sa filiale Everllence pour 7,4 milliards d’euros, le constructeur automobile augmentera sa flexibilité financière.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
Contenu de nos partenaires
-
LE CONSEIL DE LA SEMAINEAssurance-vie : rédigez la clause bénéficiaire avec attention
Véritable levier patrimonial, la clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie exige une rédaction méticuleuse -
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ?