Brexit, l’Europe dévoile ses batteries
Fini les discours, place aux propositions concrètes sur le Brexit. La Commission européenne doit dévoiler ce mercredi son projet d’accord sur les modalités de sortie du Royaume-Uni. Un document d’une centaine de pages qui risque d’être mal reçu à Londres. Sur bien des points, le texte contredit en effet les souhaits du camp britannique, si l’on en croit les éléments ayant déjà filtré. Premier sujet de discorde, la durée de la période transitoire durant laquelle le Royaume-Uni pourra finaliser un nouvel accord commercial avec le continent. Outre-Manche, les milieux d’affaires souhaitent que cette phase, qui débutera le 30 mars 2019, soit la plus longue possible. Mais Michel Barnier, le négociateur européen pour le Brexit, a enfoncé le clou mardi : la phase de transition doit s’arrêter fin 2020, et pas au-delà. C’est aujourd’hui la question la plus urgente. Les chefs d’Etat européens sont censés la trancher lors d’un sommet prévu les 22 et 23 mars prochain.
Autre sujet critique, l’Irlande. Une partie du territoire de l’île, l’Irlande du Nord, sera demain située hors de l’Union européenne. Dublin et Belfast ne veulent pas d’une frontière physique, une perspective pourtant inéluctable si le Royaume-Uni sort de l’union douanière. Faute de réponse claire de Londres sur ce point, les négociateurs européens auraient prévu dans leur projet une clause qui forcerait la main du Royaume-Uni.
Citons également dans ce menu appétissant la Cour européenne de justice : les négociateurs de l’Union proposeraient que l’institution joue un rôle d’arbitre entre le Royaume-Uni et les Vingt-Sept. Si Londres refusait de suivre les avis de la Cour, des sanctions commerciales seraient prévues. Une condition impossible à accepter pour les partisans d’un Brexit dur.
Rien n’est encore gravé dans le marbre cependant. Le texte doit servir de base de négociations en vue d’un accord espéré au mois d’octobre. D’ici là, le Premier ministre Theresa May devrait – enfin – préciser la position britannique lors d’un grand discours ce vendredi.
Plus d'articles du même thème
-
La Fed de Kevin Warsh est déjà sous contrainte
Le FOMC des 16 et 17 juin, le premier de son nouveau président, ne modifiera pas les taux Fed Funds. Il pourrait abandonner le «biais accommodant» dans sa déclaration. Il sera intéressant de voir comment la communication de la banque centrale évoluera à moyen terme. -
Le G7 suspendu aux humeurs de Donald Trump
La réunion d’Evian, conçue comme l’occasion de relancer le dialogue et le multilatéralisme, débute sous des auspices mitigés, la perspective du règlement du conflit avec l’Iran et de nouvelles menaces de tarifs douaniers contre la France. -
Sur la Bourse on-chain Lise, ST Group patine
Après deux millions d’euros levés lors de sa cotation, le titre de ST Group peine à être échangé sur la Bourse on-chain Lise. Les échanges cumulés atteignent à peine 70.875 euros, soit moins de 2 % du flottant. -
Le rapport parlementaire sur les fonds spéculatifs opte pour des mesures chocs
Le parti pris négatif de ce rapport, relevé par le président de la commission d’enquête, pourrait toutefois fragiliser la mise en œuvre des 40 recommandations. -
La SCPI Volt Europe mise sur l'énergie solaire pour renforcer sa performance
Ce nouveau fonds combine rendement immobilier et production d'énergie renouvelable. La SCPI investira dans trois pays d'Europe du Sud au fort ensoleillement. -
Amundi, Caceis et Ant International tokenisent des fonds monétaires sur la blockchain
Les deux filiales du Crédit Agricole font une offensive stratégique sur le marché asiatique.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
- L'AMF pourrait ouvrir les OPCVM aux cryptos
- Capital Group s'apprête à lancer ses ETF actifs en Europe
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
Contenu de nos partenaires
-
Highway to hellLe sort de l'A69 entre les mains du Conseil d'Etat
Le sort de l'autoroute Toulouse-Castres est une nouvelle fois entre les mains de la justice, pour une décision qui pourrait mettre un terme à la guérilla juridique contre le chantier -
Time To Get SoftTrump et l'Iran : un accord faute de mieux
Donald Trump a juré de ne jamais reproduire l'accord iranien de Barack Obama. Trois mois de guerre plus tard, il est pourtant de retour à la table des négociations pour conclure un deal qui pourrait bien lui ressembler -
Bling bling« Ces images sont une erreur » : au RN, le malaise Bardella après le Grand Prix de Monaco
Des images de Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco, circulant pendant la marche blanche en hommage à la petite Lyhanna, ainsi que sa réponse sur BFM – « des marches blanches, il y en a tous les jours » – inquiètent en interne. Certains craignent de voir le dauphin de Marine Le Pen s'éloigner de son image populaire pour basculer dans le « bling-bling »