Verizon installe sa domination sur le marché secondaire du crédit
Les obligations émises par l’opérateur américain ont concentré près d’un tiers des échanges réalisés sur le marché secondaire mi septembre
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Patrick Aussannaire
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Photo Verizon
Le marché du crédit a trouvé sa nouvelle référence. Les huit tranches d’obligations émises mercredi 11 septembre par Verizon pour un montant total record de 49 milliards de dollars dans le cadre du financement du rachat total de Verizon Wireless à Vodafone, ont concentré un très fort intérêt de la part des investisseurs sur le marché secondaire.
Sur la seule journée de jeudi, le groupe de télécommunications américain accaparait environ un tiers des volumes de transactions sur les obligations d’entreprises libellées en dollar, selon les données fournies par le système Trace. Sur l’ensemble de la semaine, cette proportion se montait à 16,2% des transactions supérieures à un million de dollars sur le marché. A titre de comparaison, Citigroup, qui arrive en deuxième position sur les volumes d’obligations échangées sur le marché du crédit «corporate», ne concentrait que 2,6% des volumes totaux.
Certes, Verizon a ajouté une prime d’émission de 50 points de base (pb) supplémentaires sur ses obligations existantes pour s’assurer que l’opération soit un succès. Pourtant, le rendement des nouvelles obligations émises par le groupe s’est resserré après l’émission, et «a entraîné par contagion un resserrement des spreads BBB en dollar», indique Natixis. Le titre à 10 ans émis par Verizon a ainsi vu son rendement chuter à un niveau de 50 pb inférieur à celui consenti lors de son émission.
Bloomberg rapporte ainsi que les investisseurs qui ont pu acheter des titres sur le marché primaire ont réussi à réaliser des gains totaux de plus de 2,5 milliards de dollars. De quoi permettre aux télécommunications de maintenir leur surperformance par rapport aux autres secteurs. Le spread de l’indice iBoxx du secteur s’est ainsi resserré de 6 pb, alors que celui de l’industrie, de la santé, du pétrole et des «utilities» ne s’est contacté que de 0,3 à 0,5 pb.
Une performance d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un contexte de sorties de capitaux de 539 millions de dollars pour les sociétés notées en catégorie investissement durant la semaine achevée le 11 septembre, selon les données fournies par EPFR. «Avec des spreads qui restent loin de leurs niveaux d’août et un biais de marché attractif avant la réunion de la Fed, il existe un fort levier pour les investisseurs qui croient à un resserrement des spreads d’ici à la fin de l’année», estime la Société Générale.
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