Vanguard se lance dans la bataille des frais de gestion en Europe
Ce que les gestionnaires d’actifs européens redoutaient est en train de se produire. Alors qu’aux Etats-Unis la bataille des prix fait rage chez les gérants et les distributeurs de produits financiers, Vanguard a décidé de baisser les tarifs de ses fonds en Europe. La société a ainsi annoncé un rabais substantiel des frais sur une quarantaine de ses ETF et fonds indiciels proposés sur le continent.
Pour la France, 13 ETF et 18 fonds indiciels sont commercialisés, donc concernés. La baisse, dans certains cas, peut se révéler supérieure à 10 points de base et correspondre à un rabais des tarifs de plus de 60%. Les frais sur les fonds indiciels d’actions européennes ou d’actions de la zone euro sont ainsi passés de 0,35 % à 0,12%. Par comparaison, l’ETF FTSE Developed Europe est passé de 0,12% à 0,10%. Les tarifs des fonds indiciels de Vanguard s’échelonnent donc aujourd’hui entre 0,10% et 0,29% contre une fourchette comprise entre 0,30% et 0,40% précédemment, et ceux des ETF entre 0,07% et 0,22% contre 0,12% à 0,25% avant la baisse. Toujours pour la France, les frais courants moyens pour les fonds indiciels se montent aujourd’hui à 0,16% (contre 0,30% auparavant) et ceux pour les ETF à 0,12% (contre 0,16% avant la baisse). Selon la société, les frais moyens pour l’intégralité de la gamme de fonds Vanguard distribuée en France (fonds indiciels, ETF et fonds de gestion active) se montent à 0,2%.
Dans l’Hexagone, le gérant s’adresse aux institutionnels, pour lesquels les pressions à la baisse des prix existent depuis longtemps. Par ailleurs, pour sa gestion, qu’elle soit passive ou active, le prix a toujours été un des arguments avancés par le gérant pour commercialiser ses produits. Il n’est donc pas étonnant qu’il ait lancé ce mouvement de baisse des frais. Avant cela, Vanguard se situait plutôt dans la moyenne du marché pour les produits qu’il proposait, car, au fil du temps, ses concurrents ont baissé leurs tarifs. Aujourd’hui, il se positionne clairement dans le bas de la fourchette des frais pratiqués. «La baisse des frais va dans le sens de l’histoire, déclare Philippe Maupas, associé-gérant d’Alpha & K. La sensibilité des investisseurs à ce critère va augmenter en Europe. C’est inévitable. Cela a déjà eu lieu aux Etats-Unis, où seul le premier décile des fonds les moins chers a collecté. Tous les autres fonds subissent une décollecte.»
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