Valneva essuie un nouveau coup dur
L’action Valneva a chuté de 19% lundi, à 9,65 euros, après que la société de biotechnologie a annoncé avoir reçu de la Commission européenne un avis d’intention de résiliation de l’accord de fourniture de son candidat vaccin inactivé à virus entier contre le Covid-19, VLA2001. «La sanction est à la hauteur de la déception des investisseurs», commente Mohamed Kaabouni, analyste chez Portzamparc.
Valneva avait annoncé en novembre avoir signé un accord d’achat anticipé avec la Commission européenne pour la fourniture d’un maximum de 60 millions de doses de son vaccin contre le Covid-19. «Le contrat donne à la Commission européenne le droit d’y mettre fin si VLA2001 n’a pas reçu une autorisation de mise sur le marché de l’Agence européenne des médicaments au plus tard le 30 avril 2022», a indiqué Valneva dans un communiqué envoyé lundi. «Selon les termes du contrat, Valneva dispose de trente jours à compter du 13 mai 2022 pour obtenir une autorisation de mise sur le marché ou pour proposer un plan permettant de remédier à la situation de façon acceptable», a ajouté la biotech.
Au début du mois de mai, à l’occasion de la publication de ses résultats de l’exercice 2021, Valneva avait annoncé avoir répondu aux dernières questions formulées par le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments, suite à l’évaluation initiale de VLA2001. «Si le CHMP accepte ces réponses, la société pourrait obtenir une autorisation de mise sur le marché conditionnelle au cours de ce trimestre», avait alors commenté la biotech.
Vers un avertissement sur chiffre d’affaires ?
Lundi, Valneva assurait «travailler de concert avec la Commission européenne et les Etats membres participant à l’accord pour convenir d’un tel plan et mettre VLA2001 à la disposition des Etats membres qui souhaitent toujours obtenir le vaccin».
Selon Invest Securities, il est «très probable» que la Commission européenne décide de rompre son contrat avec Valneva. Le retrait de Bruxelles «ne fait aucun doute», appuie un autre analyste, basé à Paris.
Dans ce cas, la biotech ne serait pas tenue de restituer les acomptes reçus, car elle les a dépensés ou engagés en totalité. Le contrat n’exige pas le remboursement de ces paiements dans ce cas.
Mais, à l’issue des discussions avec Bruxelles et les Etats membres concernés, «Valneva reconsidérera ses prévisions financières pour l’exercice 2022», a prévenu la société. Pour l’exercice en cours, Valneva prévoit pour l’heure un chiffre d’affaires compris entre 430 millions et 590 millions d’euros, contre 348 millions d’euros en 2021.
«Un avertissement sur chiffre d’affaires paraît inévitable, mais le marché l’a déjà intégré lundi», selon Mohamed Kaabouni. «Au cours actuel, la capitalisation boursière de Valneva ressort proche de 1 milliard d’euros, ce qui valorise plutôt correctement les développements de la société dans la maladie de Lyme et dans le virus du chikungunya», ajoute l’analyste de Portzamparc.
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