Une taxe « Tobin » rapporterait 50 milliards d’euros par an au budget européen
Les discussions promettent d'être houleuses sur la taxation des transactions financières que la Commission européenne va intégrer à sa proposition de budget pour la période 2014-2020. Dans son texte, qui doit être révélé aujourd’hui, Bruxelles envisage de mettre en place une taxe «Tobin» afin de financer environ un tiers de son budget, d’après des sources citées par Reuters. Précisément, cette taxe, imaginée pour lutter contre la spéculation et qui n’a jamais été mis en place, contribuerait à hauteur de 50 milliards d’euros par an au budget européen, soit 350 milliards d’euros sur la période. Elle s'élèverait à 0,01% sur les échanges de dérivés. Sur les échanges d’obligations souveraines, elle pourrait atteindre jusqu'à 0,1%. Les transactions sur les devises seraient aussi concernées.
Le budget européen devrait rester stable à environ 1.000 milliards d’euros entre 2014 et 2020. Mais le projet de Commission européenne sera encore soumis d’ici à fin 2012 à de dures négociations avec le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen.
La taxe sur les transactions financières en particulier oppose les Etats membres. La France, l’Allemagne, l’Espagne et d’autres pays y sont favorables. Les députés français ont même voté une résolution européenne visant à instaurer cette taxe le 14 juin dernier.
Le Royaume-Uni en revanche, est fermement opposé à ce projet qui risque selon Londres de provoquer des transferts d’activité de la place financière de la City vers l’Asie ou la Suisse. Par ailleurs, une telle taxe sera en définitive payée par les clients plutôt que par les banques elles-mêmes, prévient la British Bankers Association. En France, les banques critiquent aussi le concept. «Si cette taxe est instaurée au niveau européen, elle s’ajoutera aux diverses taxes et impôts que supportent déjà les établissements français. C’est une aberration : on demande aux banques d’être plus solides et plus liquides (…) mais les charges sont de plus en plus lourdes», indiquait Jean-Paul Chifflet, directeur général de Crédit Agricole SA, à L’Agefi Hebdo du 23 juin.
Pour réduire les contributions directes des Etats, la Commission souhaite aussi revoir l’assiette commune de la TVA afin d’identifier une partie des revenus qui en sont tirés nationalement pour les rediriger vers le budget européen, d’après Reuters. En revanche, l’idée d’affecter une partie des revenus du marché européen des droits carbone ne fait pas partie du projet européen.
Plus d'articles du même thème
-
La France espère fédérer le G7 sur la résolution des déséquilibres mondiaux
Face à une Chine puissante par ses exportations mais entraînant d’importants déséquilibres macroéconomiques, Roland Lescure souhaite faire adopter aux ministres des finances du G7 une méthode de résolution et une coopération renouvelée. -
Olivier Blanchard relance son projet de dette commune européenne
L'ex-directeur général du FMI et Angel Ubide, cadre de Citadel, viennent de préciser leur proposition pour créer des eurobond et doter la zone euro d'un actif refuge. Une solution taillée pour désamorcer les oppositions politiques, alors que l'Europe veut gagner en souveraineté financière. -
Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
La responsable des fusions-acquisitions de la banque d’investissement du Crédit Agricole a débuté dans le monde du M&A au milieu des années 90. Elle ne l’a plus quitté depuis et explique comment elle a réussi à atteindre son poste actuel tout en distillant des conseils aux femmes souhaiteraient faire carrière dans ce métier encore très masculin. -
« Le rattrapage des actions japonaises ne se limitera probablement pas à un an »
Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac. -
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Reprise en mainLe grand ménage de Bruno Retailleau au sein de LR
Le renouvellement des instances locales du parti, en juin, devrait se traduire par un grand remplacement des cadres pro-Wauquiez par les amis du président et candidat des Républicains -
Trop-pleinLa France agricole malade de ses lois
La loi d'urgence agricole, réclamée par les agriculteurs lors des manifestations du début de l'année, sera débattue à l'Assemblée cette semaine. Avec un potentiel de déception important... Comme pour les précédentes -
EditorialScandale périscolaire à Paris : une affaire de plus en plus politique
Enquêtes, justice, colère des parents et... offensive des insoumis : Emmanuel Grégoire est loin d’en avoir fini avec ce scandale