Une reflation rapide en zone euro ne nous semble pas crédible
Michael Soued, directeur du pôle taux & devises chez State Street Global Advisors France
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Tân Le Quang
L’Agefi : La BCE a laissé ses taux à 1 % alors qu’elle a encore abaissé ses perspectives d’activité en zone euro en 2009. Ce niveau de taux vous semble-t-il approprié ?
Michael Soued : La BCE prévoit une contraction de 4,6 % de l’activité cette année avec une accentuation de la désinflation. Quelques indicateurs avancés ont redonné espoir aux marchés, mais les fondamentaux restent préoccupants. Aussi, en contradiction avec le consensus actuel, nous croyons que ce niveau de repo sera maintenu pour plusieurs mois et la probabilité d’assouplissement ne nous semble pas suffisamment intégrée dans les cours à un horizon un an. Conventionnelles ou non, les interventions monétaires ne se transmettent pas efficacement à l’activité réelle, mais certains « faucons » pointent déjà du doigt les déficits pour alerter sur les risques de reflation rapide. Ce dernier scénario ne nous semble pas crédible à ce jour.
Croyez-vous à une poursuite de la montée des taux à 10 ans américains ?
La puissante remontée des taux réels américains n’est pas uniquement le fait d’une révision des prévisions de croissance outre-Atlantique. Il faut surtout y voir le percement de la bulle post-Lehman ou un réajustement des primes de risque entre classes d’actifs. La crainte des montagnes d’émissions publiques joue aussi un rôle important tout comme la couverture des positions de mortgages. La correction des titres à 10 ans est toutefois exagérée au vues des forces déflationnistes toujours en place. Le scénario de reprise en V est déjà très intégré dans les cours. Et même si nous croyons au resserrement monétaire de la Fed en fin d’année prochaine, il nous semble que la sortie de crise sera lente, avec une croissance potentielle durablement affectée.
Les taux longs atteignent des niveaux inédits depuis parfois des décennies aux Etats-Unis, comme en Europe et au Japon, avec une repentification des courbes. La poursuite du conflit au Moyen-Orient fait craindre une inflation persistante tandis que les trajectoires budgétaires ne s’améliorent pas. Le rendement de l’OAT 10 ans a atteint 4,06%.
Les économistes de l’institution monétaire ont décrit les mécanismes qui mènent les innovations de rupture à des corrections de marché. L’euphorie autour de l’IA n’y échappera pas, avec des conséquences pour l’économie européenne.
Au-delà de la sanction éventuelle de la Cnil, les contribuables concernés pourraient demander réparation à la DGFiP, en s’appuyant notamment sur la jurisprudence européenne relative au préjudice d’anxiété.
Le chiffre d'affaires d'Anthropic a été multiplié par 14 au deuxième trimestre par rapport à la même période l'an dernier, a-t-il indiqué à ses investisseurs.
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