«Une réduction des inquiétudes pourrait amener des flux acheteurs importants »
L’Agefi : Pourquoi avez-vous fortement relevé vos objectifs sur les marchés actions ?
Matthieu Grouès: L’incertitude sur la zone euro s’est réduite et le scénario d’explosion de la zone euro s’éloigne après les dernières annonces. Les progrès annoncés vers l’union bancaire et une plus grande intégration budgétaire de la zone euro lors du sommet européen de fin juin montrent que la solution politique approche. Mais c’est surtout la volonté de la BCE de mettre en œuvre tout ce qu’elle peut dans le cadre de son mandat pour assurer l’intégrité de la zone euro, qui nous semble éloigner le scénario du pire. La réponse de fond à la crise, faite d’une plus grande solidarité et d’un plus grand contrôle communautaire, doit venir des politiques mais la BCE va permettre de gagner du temps pour mettre en œuvre cette réponse.
Quelles zones géographiques privilégiez-vous ?
L’austérité continue de peser sur l’activité dans la zone euro mais ce n’est pas une raison pour se détourner des valeurs européennes. Celles-ci réalisent presque la moitié de leur chiffre dans le reste du monde. Davantage que le reflet du repli de l’activité, le retard pris par les actions européennes est avant tout la conséquence de la crise des finances publiques, qui a amené les gérants internationaux à fuir la zone. Une réduction des inquiétudes pourrait donc amener des flux acheteurs importants et donc soutenir les cours d’autant que les valorisations restent basses. Les marchés émergents peuvent aussi bénéficier de l’assouplissement monétaire qu’on y observe. En revanche, nous serions plus prudents sur les Etats-Unis dont l’avance depuis le début de l’année est très importante.
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