«Une nouvelle baisse des taux de la BCE n’aurait pas d’impact significatif sur les marchés»
Sabine de Lépinay, responsable de la gestion monétaire chez Robeco Gestions
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Solenn Poullennec
L’Agefi : Qu’attendez-vous de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne en juin ?
Sabine de Lépinay : Mario Draghi fait face à de plus en plus de divergences économiques au sein de l’Europe. Les anticipations d’inflation restent modérées. Il lui faut se focaliser sur la solidité du système bancaire et la croissance. La BCE est pressée par les politiques d’en faire plus. Une nouvelle baisse du taux directeur peut être envisagée. Même si cela prouve une volonté de soutien à l’économie, nous ne pensons pas que cela mette fin à l’instabilité financière et que l’impact sur les marchés soit significatif. Par ailleurs, les liquidités sont abondantes dans le système suite aux différentes injections de liquidité (LTRO). Les augmenter ne permettrait, selon nous, que de gagner du temps. La BCE peut toujours utiliser le programme de rachat de dette pour contenir toute pression sur la dette européenne, en attendant des avancées politiques.
La Banque d’Angleterre pourrait-elle relever le plafond de son programme de rachat d’actifs en juin ?
L’Angleterre semble s’inquiéter de plus en plus de l’impact d’une crise plus prononcée de la zone euro. C’est pourquoi la Banque d’Angleterre (BoE) se doit d’anticiper l’effet d’une crise majeure sur son économie. Tout comme le comité de politique monétaire américain (FOMC), elle pourrait alors augmenter son programme de rachats. Cependant, cette décision ne serait prise à notre avis que si les actions de la BCE sont jugées insuffisantes. Nous pensons que la situation britannique ne nécessite actuellement pas plus d’assouplissement quantitatif. La BoE se tient prête mais ne devrait donc pas agir dès le mois de juin.
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