« Une normalisation du taux Eonia vers 1 % devrait s’amorcer au second trimestre »
Pascal Gilbert, responsable de la gestion de taux multistratégie de UFG-LFP
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Violaine Le Gall
L’Agefi: A la lumière des dernières déclarations de la BCE, combien de temps le statu quo monétaire peut-il encore durer ?
Pascal Gilbert: Plus que les déclarations des banquiers centraux de la BCE qui continuent d’exprimer une grande prudence sur l’évolution de la conjoncture économique, les décisions prises en décembre sur les conditions des futurs appels d’offres permettent de se faire une idée sur la durée minimum de statu quo monétaire aujourd’hui partagée par l’ensemble des membres de la BCE. Il est évident que la politique monétaire restera inchangée au cours du premier trimestre 2010. A fin mars, le dernier appel d’offres à 6 mois, qui sera lancé à taux fixe, pourrait donner une indication précieuse sur son évolution future. Rien n’indique à ce jour qu’il sera fixé à 1%. La banque centrale pourrait soit allouer un faible montant alors que se profile fin juin l’échéance du premier LTRO à un an dont les banques avaient tiré plus de 440 milliards d’euro, soit proposer un taux légèrement plus élevé que 1% pour tester l’appétit du système bancaire. Dans les deux cas de figure, il nous semble que le second trimestre devrait amorcer une normalisation du taux Eonia vers 1%. Une hausse réelle du taux d’appel d’offres ne devrait probablement pas intervenir avant le dernier trimestre.
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Avec une croissance économique en 2010, autour de 3%, une inflation de près de 2%, un déficit dépassant 10% du PIB et une pression baissière sur le dollar, les Treasuries n’apparaissent pas spécialement bon marché. Seule la politique monétaire très accommodante et la faiblesse de demande du crédit au secteur privé assurent un soutien temporaire.
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