« Une hausse des taux de la BCE ne devrait pas intervenir avant la fin 2010 »
Laurent Bilke, senior économiste chez Nomura
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Tân Le Quang
L’Agefi : Quels facteurs pourraient amener la BCE à relever ses taux de manière prématurée ?
Laurent Bilke: L’objectif de la BCE, c’est la stabilité des prix. Partant de là, on peut imaginer plusieurs facteurs qui conduiraient à précipiter les hausses de taux. Une hausse durable du prix des matières premières en est un. Etant donné le rebond des émergents, c’est un choc possible. On se souvient que la BCE avait relevé les taux pour cette raison en juillet 2008. L’évolution des salaires est un autre facteur, déterminant pour les pressions inflationnistes internes. Elle reste relativement soutenue, malgré la récession, donc tout redémarrage de l’activité un peu plus rapide que prévu pourrait faire évoluer la BCE. Mais, dans tous les cas de figure, il sera difficile à la BCE d’augmenter les taux au moment où elle débranche la perfusion du secteur bancaire qui va inévitablement se traduire par un resserrement des conditions de financement. Comme ce processus va prendre quelques mois, une hausse des taux ne devrait pas intervenir avant la fin de l’année.
Jugez-vous clairs les récents discours de la Fed et de la BoE ?
L’incertitude est plus grande de ce côté. La communication récente des deux banques centrales ne ferme pas complètement la porte à de nouveaux achats d’actifs. En outre, leur stratégie de sortie est moins clairement définie que dans le cas de la BCE. Le doute plane sur la question de savoir si elles pourraient revendre les actifs acquis. La réponse est probablement positive, mais n’est pas franchement confirmée par les protagonistes. Cette incertitude inhabituelle pèse directement sur les taux longs, pas seulement sur les taux courts comme dans le cas de la BCE.
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