«Une grande partie des risques actuels nous semblent déjà intégrés dans les valorisations»
L’Agefi : Pourquoi conservez-vous inchangée votre allocation depuis début mars ?
Christophe Besson: Notre allocation était prudente fin 2011 et nous sommes repassés neutre en décembre. Après avoir bien profité des performances de début d’année, accentuant au passage nos expositions américaines, nous avons jugé que les motifs supplémentaires d’optimisme n’étaient plus suffisants et de ce fait réduit l’exposition actions courant mars. En effet la situation tendue au sein de la zone euro et les problèmes d’endettement augmentaient l’aversion au risque alors que la croissance économique mondiale moins forte ne jouait plus le rôle de force de rappel. Les événements récents, et le vote grec en dernier lieu, ont failli infléchir encore notre allocation mais une grande partie des risques actuels nous ont semblé déjà intégrés dans les valorisations. Nous pourrions ainsi souligner la défiance généralisée sur les marchés actions alors que les obligations corporate sont très recherchées. L’aversion au risque s’est bien exprimée.
La crise grecque vous incite-t-elle à renforcer encore votre poche de cash?
En premier réflexe bien sûr, mais de manière tactique plus que stratégique. La crise grecque agit comme un révélateur. De manière paradoxale les Etats membres devraient accélérer la mise en place de nouvelles solutions partielles mais pragmatiques avant que le verdict électoral ne tombe mi-juin. La stratégie qui consistait à gagner du temps pour reconstituer de bonnes bases doit intégrer une échéance proche et l’éventualité difficilement chiffrable et politiquement redoutable de la sortie d’un pays.
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