Une détérioration du marché de crédit moins propice à la dette bancaire subordonnée
Dans le contexte actuel de panique générale, seules les dettes seniors et celles AA semblent aptes à venir tester le marché primaire
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Tân Le Quang
Le vent de panique qui s’est emparé vendredi du marché de crédit s’est exacerbé lundi. De fait, les indices de crédit européens iTraxx des valeurs financières seniors et financières subordonnées ont enregistré leur plus haut depuis leur émission à 147 et 235 pb. De son côté, le Crossover, qui couvre les signatures hautement risquées, flirtait hier non loin des 623 pb atteints vendredi. L’avalanche de mauvaises nouvelles, allant des rumeurs démenties de problèmes de liquidité de Bear Stearns aux difficultés des hedge funds liées aux appels de marges, n’a fait qu’ouvrir la voie à une poursuite des élargissements des spreads. Un contexte loin d’être encourageant pour l’activité primaire qui pouvait espérer une relance des émissions, notamment dans le secteur bancaire, alors que la période de black-out des banques touche à son terme.
Au vu des difficultés accrues des banques à accéder à la liquidité, les analystes d’UniCredit s’attendent à une accélération de l’activité dans les prochaines semaines, jugeant que «beaucoup de financières ont retardé leur plan de financement en 2007 et doivent émettre à présent émettre à n’importe quels niveaux». Seloneux, les banques ont besoin de capitaux pour remodeler leurs bilans. Ils ajoutent que «d’un point de vue fondamental», le redressement de l’activité devrait passer «par les dettes bancaires subordonnées à taux fixe».
Toutefois, «si la fin de la période des publications des résultats permet d’espérer de prochaines sorties sur le marché primaire de financières, le contexte actuel de volatilité extrême limite considérablement les fenêtres de tir potentielles pour les émetteurs de dettes bancaires subordonnées, estime un expert du marché primaire. Les récentes dettes seniors émises montrent que les investisseurs opportunistes n’optent que pour la qualité et les signatures notées AA». De fait, depuis fin février, des émetteurs de qualité sont sortis sur le marché, dont Deutsche Bank, Allianz Finance, Lloyds TSB Bank qui ont placé à eux seuls 6,5 milliards d’euros.
Les dettes bancaires subordonnées, vues par une minorité d’investisseurs dotés de liquidités comme la classe d’actif offrant le plus de valeur, risquent de pâtir du contexte actuel. Pour UniCredit, «les conditions de marché pourraient freiner les besoins des investisseursau profit de la dette senior voire des obligations sécurisées actuellement en vogue».
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