Une contre-offre sur Bear Stearns semble difficile à réaliser d’un point de vue légal
Joseph Lewis est déterminé. L’homme d’affaires détient une participation de 8,35 % dans Bear Stearns après avoir acheté plus d’un million d’actions en février et mars, selon un document de la SEC (Securities and Exchange Commission) mercredi. Dans cette déclaration, il indique vouloir encourager le groupe et des tiers intéressés « à évaluer d’autres transactions stratégiques » susceptibles d’apporter un montant plus important aux actionnaires. La banque qui pesait encore près de 8 milliards de dollars la semaine dernière est valorisée à 236 millions par JPMorgan. Avec James Cayne, l’ancien PDG de Bear Stearns, Joseph Lewis chercherait des investisseurs capables de contrer l’offre actuelle, selon The New York Post. Ils auraient contacté entre autres les groupes de private equity KKR et JC Flowers, les banques HSBC et Barclays, ainsi que des fonds souverains.
D’après un rapport du cabinet américain RiskMetrics, qui conseille les actionnaires, l’accord existant entre JPMorgan et Bear Stearns est de nature à décourager des acheteurs potentiels. Selon lui, JPMorgan aurait en effet l’option d’acheter à tout moment une participation de 20 % dans Bear Stearns, à 2 dollars par action, et peut également acquérir le siège de Bear Stearns pour 1,1 milliard de dollars. L’existence de ces deux options rend l’affaire très aléatoire pour des tierces parties intéressées.
Toutefois, les candidats éventuels pourraient contester l’accord avec la Fed, extrêmement opaque. La banque centrale a à la fois arrangé et partiellement financé l’opération en apportant 30 milliards de dollars. La question est de savoir si la Fed et l’Etat américain seraient prêts à accorder cette même aide à un tiers, qui doit par ailleurs disposer des ressources suffisantes pour supporter l’exposition de 33 milliards de dollars aux créances hypothécaires de Bear Stearns.
Or, JPMorgan a d’ores et déjà pris le contrôle de certaines opérations de la banque qu’elle a annoncé dimanche dernier vouloir racheter. Son PDG Jamie Dimon aurait offert des actions de sa banque et des primes aux managers de Bear Stearns, qui détiennent une grande partie des actions du groupe, pour les inciter à rester et à se ranger de son côté. Même si aucun candidat ne semble s’être présenté pour l’instant, l’action de Bear Stearns garde une prime spéculative. Le cours tourne autour de 5 dollars, supérieur au prix de 2 dollars fixé dans l’accord.
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