Un vent de panique souffle sur les marchés de taux
Les investisseurs reviennent fortement vers les valeurs refuge. Le rendement des Treasuries à 2 ans dévissait hier de 8 pb pour tomber à 0,29%, son plus faible niveau depuis décembre 2013. S’il a touché le 24 septembre son plus haut niveau depuis mai 2011, il a depuis reculé de 30 pb. Le 10 ans a chuté de 35 pb en séance, passant sous le seuil symbolique des 2% pour la première fois depuis mai 2013. Parallèlement, les taux allemands et français à 10 ans ont touché de nouveaux planchers, tandis que les indices boursiers ont plongé de plus de 3%.
Le rendement du Bund allemand à 10 ans est ainsi tombé à un nouveau plus bas historique de 0,75%, à l’instar de celui de l’OAT française, à 1,11%. Sur la partie 10 ans, les taux suisses, finlandais, néerlandais, tchèques, autrichiens, danois, belges, suédois, slovaques, norvégiens, polonais et britanniques étaient ainsi tous orientés à la baisse hier. En revanche, les pays périphériques ont souffert, avec une hausse des taux irlandais de 3 pb à 1,68%, espagnols de 4 pb à 2,08%, italiens de 10 pb à 2,39%, portugais de 22 pb à 3,26%, et grecs de 74 pb à 7,58%. «La crainte d’une inflation durablement faible soutient la duration», explique SG CIB.
Côté américain, alors que la Fed devrait mettre un point final dès la fin du mois à son programme de rachats d’actifs et que le débat est vif au sein du FOMC sur le moment le plus opportun pour le début du processus de normalisation monétaire, le point mort des obligations indexées américaines à 10 ans s’est effondré de 26 pb depuis début septembre et de 36 pb depuis fin juillet. Il est repassé sous le seuil des 2%, à 1,91%, soit son plus faible niveau depuis le mois de novembre 2011. «Compte tenu de la baisse des prix énergétiques, il existe un risque très important à la baisse sur les projections d’inflation», ajoute SG CIB.
Une inquiétude relayée par le gouverneur de la Fed de San Francisco, John Williams, qui a même estimé qu’un nouvel assouplissement serait nécessaire si «l’inflation ne remonte pas au-dessus de 1,5% (…) et que nous ne constatons pas d’amélioration du côté de la croissance des salaires». Le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, a indiqué que «si la croissance mondiale est plus faible qu’attendu, les conséquences pour l’économie américaine pourraient conduire la Fed à sortir de sa politique accommodante plus lentement». Les contrats Fed funds ont décalé de trois mois leurs anticipations de la première hausse des taux directeurs à septembre 2015.
Sur la partie 2 ans, le rendement du Schatz allemand restait néanmoins stable à -0,06%, ce qui a conduit à un resserrement du spread avec celui des Treasuries de 30 pb en moins d’un mois. Dans ce contexte, le dollar chutait hier de 2% contre euro pour toucher en séance 1,289. La hausse rapide du billet vert de 11,3% entre les mois de mai et octobre avait suscité l’inquiétude des membres du FOMC lors de leur dernière réunion sur ses conséquences baissières pour le niveau d’inflation, qui remettent en cause son retour vers l’objectif de la Fed.
Ce rebond de l’euro ne fait en revanche pas les affaires de la BCE qui mise sur l’affaiblissement de la devise européenne pour renforcer les anticipations d’inflation à moyen terme. Le point mort des obligations indexées allemandes à 10 ans a reculé de 1,41% fin juillet à un plus bas historique de 0,95% hier. De quoi renforcer les attentes de voir la BCE lancer un programme de rachats d’actifs sur les dettes souveraines pour contrer le risque de déflation.
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