Un think tank plaide en faveur des instruments risqués pour financer les jeunes entreprises

Il justifie notamment son point de vue par l’écart de croissance constaté entre jeunes entreprises européennes et américaines
Florence Autret, à bruxelles

En ces temps de crise, un think tank bruxellois jette un pavé dans la mare en affirmant que l’Europe doit s’efforcer de développer les produits risqués pour financer les entrants sur le marché. Partant d’une comparaison avec les Etats-Unis, les deux auteurs, un économiste de l’université de New York, Thomas Philippon, et un chercheur du think tank Bruegel, Nicolas Véron, montrent que les entreprises européennes sont relativement plus âgées que les américaines et surtout que la croissance des nouvelles entreprises après 2, 4 ou 7 ans est infiniment moindre en Europe qu’aux Etats-Unis.

L’Europe assure une mauvaise réallocation des ressources entre anciennes et nouvelles entreprises, laquelle concourt pourtant à l’augmentation de la productivité de l’industrie de façon significative (entre un tiers et la moitié, aux Etats-Unis). « Le système financier européen est excellent pour les grandes entreprises bien établies, pas pour les entreprises non cotées ou cotées avec peu de liquidité et qui n’offrent pas ou peu de collatéraux », explique Nicolas Véron. Le retard européen en matière de private equity et d'émissions de titres à haut risque est frappant.

Depuis le Conseil européen de Lisbonne en 2000, l’Europe mise pourtant sur l'émergence d’une économie européenne fondée sur la connaissance et sur l’innovation. Mais « la stratégie de Lisbonne laisse complètement de côté la question de la finance », remarque Nicolas Véron. Parmi les obstacles législatifs au développement de l’offre de financement aux nouveaux acteurs, les auteurs mentionnent certaines « considérations prudentielles rigides » comme l’interdiction aux acteurs non bancaires de faire de l’affacturage ou du leasing notamment en France. Ils recommandent aussi de faciliter les transactions transfrontalières en actions non cotées et un cadre plus approprié pour développer la titrisation des prêts aux entreprises. Seuls 11 % des émissions d’ABS (asset-backed securities) ont eu pour sous-jacents des prêts aux PME en 2006 (56 % pour les prêts hypothécaires). L’insécurité juridique en matière de faillite, les distorsions de traitement fiscal entre revenus de prêts et de placements ou encore l’interdiction pour les institutionnels de placer en actions sont au nombre des autres obstacles mentionnés.

http://www.agefi.fr/documents/1/1/200802/PB200801.pdf

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