Un risque de vrille
Le choix de privilégier l’impôt sur la réduction des dépenses signifie un choc fiscal sans précédent en 2013, non pas de 20 milliards mais de plus du double. Aux 20 milliards de recettes nouvelles résultant du budget s’ajoutent celles décidées lors du dernier collectif budgétaire et les mesures fiscales prises du temps de la droite qui connaîtront leurs pleins effets l’an prochain. Quand on les ajoute aux prélèvements résultant du projet de loi de financement de la Sécu présenté aujourd’hui, c’est sans doute 45 à 50 milliards de prélèvements supplémentaires, soit plus de 2 points de PIB, qui pèseront sur les particuliers et les entreprises. L’effet sur la consommation et l’investissement s’annonce si violent que viser 0,8% de croissance est irréaliste, d’autant que dans le contexte de ralentissement actuel, tabler, comme le fait Bercy, sur un triplement de la demande mondiale adressée à la France relève de la méthode Coué. Grande oubliée du budget, la question de la compétitivité est plus criante que jamais. Le gouvernement promet des mesures majeures en matière de droit du travail et de financement de la protection sociale, mais s’interdit d’avance de toucher aux effectifs globaux de la fonction publique tout comme à la TVA ! Si le fameux «choc de compétitivité» promis n’est pas symétrique du choc fiscal, le caractère intenable de cette politique éclatera, avec à la clé un risque de vrille et de réactions cette fois très vives sur les marchés.
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