Un petit groupe d’investisseurs italiens attaque BNP Paribas
«C’est le premier procès du genre en Italie», indique non sans une pointe de fierté Carlo Mazzola. Depuis un an et demi, ce consultant financier milanais se bat avec son collègue Stefano Testori pour faire entendre la voix d’une poignée d’investisseurs face à BNP Paribas. Le procès au civil opposant les deux parties s’ouvre aujourd’hui à Milan.
Les faits remontent à 2008. Crescita est à l’époque le tout premier fonds immobilier italien destiné aux particuliers à arriver à échéance au 31 décembre 2008. A six mois de sa clôture, en juin, alors qu’il en avait le droit, le gestionnaire du fonds, la filiale de BNP Paribas Real Estate Investment Management (REIM ) en Italie, n’a pas demandé de délai supplémentaire de trois ans pour liquider son portefeuille immobilier. Entretemps, la crise financière s’abat sur les marchés. N’ayant toujours pas cédé ses actifs, en novembre 2008, BNP Paribas REIM demande soudain une prorogation à la Banque d’Italie, qui la lui refuse, les délais ayant été dépassés.
«Le lendemain le titre s’est écroulé à la Bourse de Milan», se souvient Carlo Mazzola, qui avait investi dans ce fonds. «Au 30 juin 2008, date butoir à laquelle ils ont été évalués avant la clôture du fonds, les actifs de Crescita valaient 265 millions d’euros. Ils ont été vendus dans la précipitation entre avril et juin 2009 pour un total de 215 millions d’euros, soit 19% moins cher», indique-t-il, alors que sur la même période d’autres fonds immobiliers italiens ont enregistré des gains sur la vente de leurs actifs.
S’estimant lésé par la gestion de BNP Paribas REIM en Italie, qui a encaissé 35 millions d’euros de commissions sur ce fonds, Carlo Mazzola a constitué depuis une association regroupant 13% des investisseurs du fonds Crescita. Il évalue le préjudice à 700 euros par part, soit un total de 6 millions d’euros. «Nous voulons avant tout que soit sanctionnée la violation du règlement, qui a porté le gestionnaire à liquider le fonds six mois après sa date de clôture dans des conditions désavantageuses. Dans ce genre d’affaires, c’est toujours l’investisseur final qui est pénalisé. Nous avons eu d’ailleurs le plus grand mal pour trouver des avocats disposés à s’attaquer à une grande banque.»
Interrogée, la filiale de BNP Paribas REIM en Italie n’a pas «estimé opportun de commenter les faits alors qu’une procédure judiciaire est en cours.»
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