Un label de qualité devrait voir le jour en 2010 pour les titrisations
En France, les acteurs de place travaillent sur ce concept afin de présenter les titrisations sur des critères de sécurité, de transparence et de liquidité
Publié le
Tân Le Quang
Depuis avril 209, les émetteurs et les investisseurs de la place de Paris travaillent d’arrache-pied pour mettre en place cette année un «label de qualité» pour les titrisations. Christine Lagarde, lundi, a rappelé que l’objectif de cette initiative était de rétablir la confiance dans ce mode de financement en jouant sur les critères de sécurité, de transparence et de liquidité. «Afin de favoriser l’activité, les investisseurs, qui souhaitent des produits de qualité, veulent que des critères de qualité soient intégrés au processus de labellisation, explique un banquier participant au groupe de travail. Celui-ci devrait tenir compte des aspects du marché secondaire, comme la cotation, des aspects de transparence et d’informations sur les portefeuilles. Le label se focalisera sur les classes d’actifs correspondant au financement de l’économie».
Ainsi, le procédé ne concernera pas les retitrisations, les CDO et les CLO, mais portera sur les ABS de crédits automobiles, de crédits à la consommation ou encore les crédits à l’habitat et aux PME. Afin d’étendre le concept de label à l’Europe, le groupe de travail français discute avec la BCE et des associations comme l’European Securization Forum (ESF) et l’European Financial Roundtable Service (EFR), association de banquiers et assureurs européens.
Les acteurs semblent surtout concentrer leurs efforts sur le soutien aux entreprises. Le pôle de compétitivité Finance Innovation a labellisé un projet de «groupement d’entreprises», qui permettra à ces dernières d’avoir accès aux marchés obligataires en s’inspirant de la technique de la titrisation via un fonds commun de créances (FCC). «Securit Ease, a créé avec des partenaires institutionnels, un groupement d’émetteurs où les entreprises mutualisent leurs besoins de financement. Les émissions groupées sont des obligations à 5 ans et sont sécurisées par le poste clients des entreprises et des garanties de premier rang, explique Nolwenn Simon, fondatrice de Securit Ease. Le groupement, qui a pour cœur de cible les entreprises de taille intermédiaire (chiffre d’affaires entre 300 et 2 milliards d’euros) sera lancé au premier semestre. «Ce procédé basé sur la sécurisation des obligations est bienvenu dans le cadre de Solvency II puisqu’il permettra aux assureurs de drainer les capitaux qu’ils gèrent vers l’économie», ajoute-t-elle.
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