Un fonds de Carlyle trébuche dans la tourmente de la crise du crédit
Regrettable accident de parcours ou signe concret que rien ne va pour le mieux dans le monde des titrisations et du crédit ? Carlyle Capital Corporation (CCC), un fonds d’investissement du groupe de private equity Carlyle, a indiqué avoir reçu une notification de défaut, et en attendre au moins une autre, pour n’avoir pas respecté ses engagements d’appels de marge face à ses contreparties.
Société d’investissement établie à Guernesey en août 2006 et introduite à la Bourse d’Amsterdam à l’été 2007, Carlyle Capital Corporation a émis hier un communiqué pour conter ses mésaventures. Il s’avère que le fonds a, depuis la publication de ses résultats annuels le 28 février dernier, fait face à des appels de marge et d’obligations d’actifs collatéraux pour un montant de plus de 60 millions de dollars.
Jusqu’au 5 mars, le fonds a répondu à l’ensemble des demandes de ses contreparties repos. Mais ce jour-là, mercredi, il a reçu des appels complémentaires pour plus de 37 millions de la part de sept de ses treize contreparties. CCC a respecté ses engagements envers trois de ces dernières, « soucieuses de collaborer en ces temps tumultueux ». Des quatre autres, n’ayant semble-t-il pas fait preuve de la même patience, l’emprunteur a d’ores et déjà reçu une notification de défaut, signe formel de mécontentement et d’injonction à régularisation, et en attend au moins une autre.
John Stomber, patron et responsable des investissements de CCC, en vient à mettre en cause le marché, dont la nervosité serait à la source de fluctuations incohérentes qui frappent le fonds. L’environnement actuel conduit à des valorisations, et donc à des appels de marge, qui ne sont pas représentatifs de la valeur à terme des titres détenus, en l’occurrence adossés à des créances hypothécaires émises par Fannie Mae et Freddie Mac (mortgage backed securities) et tous notés AAA. « Malheureusement », avance le dirigeant, « cette déconnection a suscité la volatilité de nos accords de financement de repos ». Il assure travailler avec les contreparties pour mettre en œuvre « des conditions de financement plus stables ».
Depuis le mois d’août, CCC a cédé près de un milliard de dollars d’actifs pour assurer sa liquidité et réduire son effet de levier et a reçu un soutien « significatif » de la part de Carlyle Group, sous la forme notamment d’une facilité de crédit de 150 millions de dollars.
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