Un déficit surprise de la France de 4,8% en 2012
Le déficit public de la France s’est élevé à 4,8% du produit intérieur brut en 2012 (-98,2 milliards d’euros) contre 4,5% prévu par le gouvernement, selon les premiers résultats des comptes nationaux publiés vendredi par l’Insee. Le gouvernement avait auparavant annoncé que le déficit pourrait atteindre 4,6% au lieu de 4,5% si l’institut européen de statistiques décidait d’y intégrer le dernier plan d’aide à la banque Dexia, ce qu’il a fait. La dette publique s'élevait quant à elle à 90,2% du PIB fin 2012, soit 1.833,8 milliards d’euros, contre 85,8% fin 2011.
Ce dérapage est lié à une révision du déficit 2011 (5,3% au lieu de 5,2%), à la recapitalisation de Dexia, au budget rectificatif européen et à une croissance économique plus faible que prévu, ont expliqué le ministre des Finances, Pierre Moscovici, et le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve. Hors Dexia et budget européen, le déficit s’est établi à 4,7% l’an dernier, poursuivent-ils.
La dette a progressé de 116,9 milliards d’euros l’an dernier après +121,9 milliards en 2011. La contribution de l’Etat à la dette a augmenté de 104,6 milliards, une variation plus importante que le déficit. Selon l’Insee, cette différence résulte des prêts accordés via le Fonds européen de stabilité financière (+27,1 milliards) et de l’apport de capital au Mécanisme européen de stabilité (6,5 milliards).
L’an dernier, le taux de prélèvements obligatoires a augmenté de 1,2 point à 44,9% du PIB, sous l’effet de la hausse des impôts (+5,3%). Les dépenses ont progressé de 2,9%, après +2,1% en 2011 et les recettes ont augmenté de 3,9%, après +5,7% en 2011. La réduction du déficit public par rapport à 2011 est essentiellement liée à l’Etat (-7,7 milliards d’euros), tandis que le déficit des administrations de sécurité sociale baisse de 0,8 milliard et celui des administrations locales progresse à 3,1 milliards contre 1,5 milliard en 2011.
La Commission européenne prévoit que le déficit de la France atteindra 3,7% fin 2013 puis 3,9% fin 2014 si aucune nouvelle mesure n’est prise. La dette atteindrait selon elle 93,4% fin 2013 et 95,0% fin 2014, toujours à législation inchangée.
La trajectoire des finances publiques pour 2013-2017 sera dévoilée dans le cadre du programme de stabilité qui sera transmis par le gouvernement au Parlement mi-avril et à la Commission européenne fin avril.
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