Un défaut de paiement affaiblirait encore plus l’économie argentine
Après l’échec des négociations sur sa dette vis-à-vis de deux fonds spéculatifs, mercredi, l’Argentine risque de voir son accès aux marchés internationaux se refermer davantage et son économie mise à rude épreuve. Il ne s’agit « pas d’une simple mesure technique, mais plutôt d’un événement concret et douloureux qui touchera directement les contribuables», a commenté le médiateur nommé par la justice américaine, Daniel Pollack.
Douze ans après un précédent défaut de paiement, le litige qui oppose Buenos Aires et les fonds NME et Aurelius tombe mal pour l’Argentine. Déjà très fragile, l'état de économie risque de s’aggraver. L’institut d’étude Abeceb chiffre à 3,5% la chute du Pib qui résulterait d’un défaut et à 4% celle de la consommation. Il voit l’inflation s’envoler à 41% (25% en 2013) si la banque centrale amplifie ses émissions monétaires. Sur le front des entreprises, le risque d’une chute des financements est à craindre, avec à la clé des licenciements. Au palais présidentiel de la Casa Rosada, on assure qu’une batterie de mesures d’urgence est déjà prête. L’une d’elles consiste à renforcer un programme de prise en charge d’une partie du salaire des employés afin que l’entreprise ne le licencie pas.
«C’est une situation inédite, insolite, injuste », s’est agacé le ministre de l’Economie Axel Kicillof, dans une conférence de presse improvisée au consulat argentin situé à New-York. Conformément aux instructions données par la présidente Cristina Kirchner, le ministre de l’Economie a nié que l’Argentine soit en défaut.« Ce n’est pas un défaut. Un jugement controversé ne nous laisse pas payer nos créanciers comme nous l’avons toujours fait. Il faudrait lui trouver un autre nom, peut-être ’Griefaut’ », a-t-il lancé, ironique, en référence au juge fédéral américain Thomas Griesa.« L’Argentine veut remplir ses obligations vis-à-vis de 100% de ses créanciers, mais pas dans des conditions que nous estimons illégales et qui peuvent nuire au peuple argentin », a-t-il ajouté.
Maigre consolation pour le pays, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, semble exclure les effets d’un défaut au-delà des frontières argentines. « Même si un défaut est toujours regrettable, nous ne pensons pas qu’il aura des conséquences majeures en dehors du pays », a-t-elle affirmé.
Plus d'articles du même thème
-
Defiance ETFs lance un ETF pour miser sur les hyperscalers rentables de l'IA
Defiance ETFs entend répondre à une question que se posent de plus en plus d'investisseurs : parmi les entreprises qui surfent sur la vague de l'intelligence artificielle, lesquelles transforment réellement ces milliards de dollars de dépenses en croissance rentable ? -
Le marché des dettes hybrides d'entreprise bat des records
Le premier semestre a connu plus de 30 milliards d'euros d'émissions, dont une vague de nouveaux emprunteurs séduits par les conditions de marché favorables. La prime entre dette senior et subordonnée est historiquement basse. -
EFG International tutoie les 200 milliards de francs suisses sous gestion
Portée par une solide collecte nette, des marchés favorables et plusieurs acquisitions, EFG International a vu ses actifs sous gestion progresser de 21 % sur un an à fin juin 2026. -
Les responsables financiers français font preuve de prudence avec l’IA
L’enquête mondiale d’Airwallex relève qu’en France plus qu’ailleurs la fonction finance intègre pour l’heure les fondamentaux avant de se lancer dans l’opérationnel. -
KKR muscle ses ambitions dans l'assurance en recrutant l'ancien patron de Manulife
Après avoir dirigé l'assureur canadien de 2017 à son départ en retraite en 2025, Roy Gori conseillera la firme new-yorkaise, propriétaire de Global Atlantic, sur ses opportunités dans l'assurance et les services financiers. -
Prologis relève une dernière fois son offre sur Segro
Le spécialiste de la logistique américain a relevé pour la quatrième fois son offre sur son concurrent britannique. La date limite pour qu’une offre soit officiellement formalisée est fixée à ce mercredi 22 juillet au soir.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
Vers la fin du gaz dans l’industrie ? Un rapport parlementaire dévoile ses pistes pour une électrification « massive »
Transmis au Premier ministre par un député LR, le rapport plaide pour intégrer au prochain budget des mesures de soutien à l’électrification de l’industrie. -
« Incident sans précédent » : une IA échappe au contrôle d’OpenAI et pirate une autre entreprise
Mardi, OpenAI a annoncé qu’une de ses IA a accédé de son propre chef à Internet et a hacké Hugging Face, une autre entreprise spécialisée dans l'intelligence artificielle -
Flacon couture et grand cru, notre sélection de cinq huiles d'olive d'exception pour l'été
Tandis qu'Estoublon donne des airs de flacon de parfum à ses flacons d'huile d'olive, Maison Sarah Lavoine les sublime dans un nuancier de céramique et Oliviers & Co habille les siennes de teintes solaires... Tour d'horizon des flacons d'huile d'olive qui vont égayer les tables de l'été.