Un crédit toujours plus cher pour les entreprises françaises

Le renchérissement amorcé avant la crise s’est poursuivi au quatrième trimestre. Sur un an, la hausse oscille entre 61 et 106 pb selon les produits
Alexandre Garabedian

Nettement perceptible dans la dernière enquête trimestrielle de la Banque centrale européenne sur la zone euro, le resserrement des conditions de crédit est également visible en France. Le mouvement de renchérissement du coût du crédit aux entreprises, amorcé depuis la fin de l’année 2005, soit bien avant le début de la crise de crédit de l’été dernier, se poursuit. «Les hausses ont été toutefois généralement moins importantes qu’au trimestre précédent», note la Banque de France dans son enquête du quatrième trimestre, qui prend en compte les déclarations des prêteurs relatives aux crédits consentis au mois d’octobre 2007. A cette époque, si les effets de la crise se faisaient déjà bien sentir, notamment sur le marché monétaire, les banques ne les ont donc pas répercutés massivement.

Entre juillet et octobre, le taux moyen des découverts n’a pas varié (à 5,29%) et celui de l’escompte n’a progressé que de 5 points de base (pb) à 5,35%. Cette stabilité masque toutefois un fort renchérissement du coût des découverts pour toutes les tranches inférieures à 1,5 million d’euros. Sur un an, le coût moyen est en hausse de 61 pb, mais avec des variations comprises entre -22 pb et +94 pb selon les tranches. Quant à l’escompte, il revient 101 pb plus cher en moyenne aux entreprises.

L’inflation est plus marquée encore sur les autres crédits à court terme, dont le taux moyen débiteur progresse de 22 pb sur le trimestre et de 106 pb en un an, à 5,13%. Le renchérissement sur un an a concerné toutes les tranches, même s’il se révèle plus marqué entre juillet et octobre. Enfin, le taux des crédits à moyen et long terme s’affiche en progression de 13 pb sur le trimestre et de 77 pb sur un an, à 5,09%. «La progression annuelle la plus forte (+80pb) concerne la tranche la plus élevée, dont le taux demeure supérieur à celui des autres tranches», relève la Banque de France.

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