Un comité de crise encadrera Daniel Bouton à la Société Générale
Nicolas Sarkozy ne fait pas encore la loi au conseil d’administration de la Société Générale. Ce dernier a résisté aux pressions médiatiques et politiques, notamment du président de la République, en confirmant hier les mandataires sociaux du groupe dans leurs fonctions. « Le président Daniel Bouton et le directeur général délégué Philippe Citerne ont pris dès le début de cette crise leurs responsabilités : ils ont présenté leur démission (…). Le conseil d’administration a lui aussi pris ses responsabilités : il a demandé à l’unanimité à Daniel Bouton et à Philippe Citerne de poursuivre leur mission. Aujourd’hui, il leur a confirmé sa confiance », a indiqué Jean-Martin Folz, administrateur de la Société Générale.
L’ancien patron de PSA s’exprimait en tant que président du comité spécial constitué hier, et dont la création avait été annoncée jeudi dernier. Cette instance, qui a décidé de faire appel au cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers, supervisera la gestion des suites de la « fraude » ayant coûté 4,9 milliards d’euros de pertes de trading au groupe. « C’est un gage de bonne gouvernance donné au marché, mais qui ne doit pas faire illusion », estimait hier une source interne. Le comité de crise est également constitué d’Antoine Jeancourt-Galignani et de Jean Azéma, préféré à Anthony Wyand - ce dernier siège au conseil de la banque depuis plus de douze ans, est n’est donc plus considéré comme indépendant, alors que les relations entre Groupama (actionnaire à 3,5 %) et la Société Générale ne seraient pas assez importantes pour affecter le jugement de l’assureur.
Au soutien affiché par les administrateurs, la direction du groupe souhaiterait ajouter celui des salariés. Elle a reçu publiquement celui de certains syndicats et de l’un des deux administrateurs salariés, Philippe Pruvost (SNB). Et la banque, qui tenait hier un comité central d’entreprise, réfléchit à une solution afin de préserver l’intéressement de ses collaborateurs en France au titre des résultats 2007. En revanche, l’Association des salariés et anciens salariés actionnaires (Assact), qui réclame depuis toujours un siège au conseil, s’est constituée partie civile à la demande de nombreux adhérents. « Il ne s’agit pas d’une attaque contre le trader ou la direction, nous voulons accéder au dossier» précise son président Patrice Leclerc. Au 30 juin, les salariés détenaient 6,48 % du capital et 10,93 % des droits de vote de la banque.
Plus d'articles du même thème
-
La France est rappelée à l’ordre par l’Union européenne
Le paquet de printemps du Semestre européen 2026 met la France en face de réalités difficiles et formule des recommandations pour améliorer sa compétitivité et retrouver la maîtrise de ses finances publiques. -
L’Europe dégaine son plan de souveraineté technologique
La Commission européenne a présenté le 3 juin à Bruxelles un ensemble de mesures sur les secteurs des semi-conducteurs, du cloud et de l’intelligence artificielle. -
Le marché résidentiel devrait rester en berne jusqu’à la fin de l’année
La conjoncture économique fragilisée par le conflit au Moyen-Orient et l’inflation vont assener un coup de frein supplémentaire à un marché immobilier déjà sous tension. -
La Bourse de Jakarta chute à un plus bas de cinq ans
Le marché actions indonésien a accentué sa chute mercredi après des mauvaises statistiques économiques. Il affiche la pire performance boursière cette année, alors que le sentiment des investisseurs s’est dégradé ces derniers mois, notamment en raison de l’interventionnisme du président Prabowo Subianto. La devise est au plus bas. -
Google augmente de 5 milliards de dollars la taille de sa levée de fonds
Le géant américain a dévoilé les détails de ses multiples augmentations de capital qui pourraient approcher 90 milliards de dollars si les options de surallocation sont entièrement exercées. Trois banques françaises participent à l’opération. -
L’administration Trump formule des propositions pour rétablir ses barrières douanières
Le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a présenté de nouveaux droits de douane d’au moins 10% liés au travail forcé pour remplacer les droits «réciproques» jugés illégaux par la Cour suprême le 20 février.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Sanso Longchamp AM gagne pour la première fois l'Alpha League Table
- Claire Bourgeois : «Les crises permettent de révéler le meilleur de chacun»
- La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Contenu de nos partenaires
-
« Le coût cumulé d'El Niño pourrait atteindre 84 000 milliards de dollars »
Le retour du phénomène météorologique El Niño cette année est de plus en plus probable selon l’Organisation météorologique mondiale. Son impact sur l’économie mondiale suscite aussi de vives inquiétudes. -
Vrai du fauxCadmium : alerte dans nos assiettes
Présent dans les engrais importés en France, ce métal lourd classé cancérogène a beaucoup fait parler de lui ces derniers mois. Au risque de perdre pied dans cette vague d'informations -
Calme avant la tempêtePrésidentielle : les candidats face au mur budgétaire
La bombe budgétaire est sur le point d'exploser et les prétendants à l'Elysée évitent encore bien trop le sujet majeur qui va accaparer le début de mandat du futur président