Un cas unique de défaut d’un CMBS en Europe a été résolu
Les détenteurs d’obligations adossées à des prêts immobiliers commerciaux (CMBS) de l’opération Opera Finance (Uni-Invest) se sont réunis hier à Amsterdam pour résoudre le premier défaut d’un CMBS européen à la maturité légale des obligations, qui pourrait faire école alors que beaucoup d’instruments identiques font face à des difficultés de refinancement. Plutôt que d’allonger la maturité de leurs obligations, les créanciers ont préféré recevoir un premier paiement en cash et de nouvelles obligations.
Le défaut du CMBS Opera Finance (Uni-Invest) émis en 2005 était largement attendu. Il est intervenu le 15 février dernier. En 2010, la société immobilière néerlandaise Uni-Invest Holdings n’a pas remboursé le prêt qu’elle avait contracté lorsqu’il est arrivé à maturité. En général, il existe une période de deux ou trois ans entre la date à laquelle le prêt sous-jacent et les CMBS arrivent à maturité. Mais dans ce cas cette période de grâce n’a pas suffi.
Les biens immobiliers sous-jacents à l’opération ont été évalués à 627 millions d’euros mais il a été impossible de les vendre. Selon une note du gestionnaire de recouvrement, Eurohypo AG, citée par Bloomberg, les parties intéressées par les biens n’ont pas réussi à financer leur achat. Les quelque 200 bureaux et entrepôts de petite taille sont basés aux Pays-Bas et, d’après les analystes, seraient de faible qualité.
Les détenteurs des CMBS se sont vu proposer deux portes de sortie. La première consistait en une «restructuration consensuelle», dans laquelle les biens immobiliers continuaient à être détenus par Uni-Invest. La maturité de toutes les obligations devait être étendue de quatre ans et leur rémunération redéfinie. Les créanciers devaient être remboursés via la vente des actifs.
Beaucoup d’analystes jugeaient la seconde option, baptisée «credit bid», plus favorable aux détenteurs de titres de classe A. C’est bien celle-ci qu’ils ont choisie. Elle prévoit la vente des biens et du prêt à une coentreprise entre les fonds TPG et Patron Capital. Les détenteurs d’obligations de classe A obtiennent en cash 40% de ce qui leur est dû (359 millions d’euros) et 60% sous la forme de nouvelles obligations remboursées au cours des quatre années à venir, via la vente des actifs. Les créanciers juniors ne devraient pas être remboursés de leurs 243 millions d’euros.
{"title":"","image":"78204»,"legend":"titrisations»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le baril de Brent s’installe au-dessus de 90 dollars
Les cours du brut ont enregistré une troisième journée de hausse alors que Donald Trump n’a pas prolongé l’accord intermédiaire signé en juin avec l’Iran qui est passé à une posture militaire défensive. Les risques de pénurie refont surface malgré la recherche de routes alternatives au détroit d’Ormuz. -
Les cash-flows retrouvent leur éclat aux yeux des investisseurs
La saison des résultats du deuxième trimestre a été exceptionnelle, permettant au marché d’oublier un mois de juillet difficile. Mais certaines publications, pourtant favorables, ont été sanctionnées. Le marché semble attacher plus d’importance aux flux de trésorerie. -
L’Erafp alloue 1,6 milliard d'euros au capital-investissement et aux infrastructures
L’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique a annoncé l’attribution de neuf mandats de gestion d’actifs non cotés dans le cadre de sa stratégie de diversification à long terme. -
Bigben Interactive et Atari restructurent leurs dettes
Plus en difficulté, Bigben vient d’entrer en sauvegarde accélérée. Le PDG d’Atari détiendra indirectement près de 43% du capital de la société après les opérations de refinancement. -
De nouvelles cyberattaques ont ciblé les fichiers cadastraux et les successions vacantes
Touchée par deux nouvelles attaques, la Direction des Finances publiques confirme la compromission de 1,8 million de dossiers cadastraux, tout en minimisant la sensibilité des données dérobées. -
Tether montre patte blanche en se soumettant à un premier audit auprès de KPMG
Le cabinet de conseil a émis une opinion favorable aux états financiers de Tether pour l'année 2025. Alors que l'heure est à la régulation dans la cryptosphère, l'émetteur de stablecoins non régulés espère que cette annonce rassurera les investisseurs.
ETF à la Une
Les ETF européens pulvérisent deux records en juillet
- Le fonds souverain norvégien carbure à l'IA
- Morgan Stanley voit grand pour financer la nouvelle économie américaine
- Allfunds, Schroders et Russell Investments, la vie après le rachat
- Amundi et Banco Sabadell prolongent leur partenariat jusqu’en 2035
- Le marché des grands vins s’est stabilisé au premier semestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
DépendanceEn pleine montée des tensions, le sort du Liban suspendu à deux négociations parallèles
Le pays du Cèdre dépend de la pression que veulent bien mettre Washington et Téhéran sur leurs alliés respectifs : Israël et le Hezbollah -
A Taiwan, le gouvernement va verser un « dividende de l’IA » aux citoyens
Le président de Taïwan, Lai Ching-te a annoncé le versement de 270 euros par personne au titre des résultats exceptionnels de l’Intelligence artificielle -
ImpasseBudget 2027 : ce déficit que les gouvernements ne savent plus réduire
A cause de dépenses publiques en roue libre, la diminution du déficit apparaît de plus en plus compromise. Et la campagne présidentielle, propice aux promesses coûteuses, risque encore de repousser le nécessaire redressement. Les comptes publics menacent de devenir incontrôlables.