Un assouplissement des critères de la BCE profiterait aux titrisations

Mario Draghi a indiqué en août qu’il réfléchissait à un nouveau coup de pouce aux banques. Les CMBS ont profité du dernier élargissement du collatéral
Solenn Poullennec

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, pourrait donner un nouveau coup de pouce aux banques de la zone euro et au marché de la titrisation dès demain. A la sortie de la réunion du Conseil des gouverneurs au mois d’août dernier, il avait en effet assuré qu’une «discussion sur les critères de collatéral était prévisible en septembre».

«En matière de financement des banques, la menace réside surtout dans la disponibilité du collatéral et dans sa valorisation alors que de nouvelles dégradations d’actifs ne peuvent pas être écartées», soulignent les analystes de Crédit Agricole CIB. Selon eux, «le montant notionnel du collatéral apporté par les banques espagnoles et italiennes apparaît limité, en dépit des récentes décisions de la BCE».

En juin dernier, la BCE a en effet offert un peu d’air aux banques. Depuis un premier élargissement l’année dernière, seules les titrisations adossées à des crédits hypothécaires résidentiels (RMBS) et des CLO de PME ayant reçu des notes supérieures ou égales à A- de la part de deux des quatre agences reconnues par la BCE, étaient acceptées avec une décote de 16%. Les titrisations de prêts automobiles (Auto ABS et Lease ABS) et celles adossées à des prêts immobiliers commerciaux (CMBS) devaient avoir au moins deux notes AAA pour être acceptées par la BCE, avec une décote de 16%.

Après la fin juin, la BCE a pris en pension les titrisations ayant au moins deux notes supérieures à BBB en appliquant des décotes allant jusqu’à 26% pour les RMBS, CLO de PME, Auto ABS et Lease ABS. La pénalité a été fixée à 32% pour les CMBS les moins bien notés.

Le fait que les CMBS puissent être beaucoup plus aisément mis en collatéral avaient été salué par les spécialistes de la titrisation. La BCE «a donné un signal fort au marché montrant à la fois la confiance qu’elle porte à de tels produits et facilitant de surcroît les possibilités de refinancement des banques ainsi que des PME», écrivait Henri de Mont Serrat chez Natixis en juin.

Pour les spécialistes de Crédit Agricole CIB, la BCE pourrait décider d’allonger encore la liste des actifs éligibles. Mieux, elle pourrait réduire les niveaux de décotes appliquées sur certains titres, y compris les titrisations. «Cela permettrait aux banques en difficulté d’avoir plus de collatéral disponible et d’améliorer leur position financière sans demander plus de liquidités à l’Eurosystème».

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