Un accord entre Motorola et Nortel ne serait pas une solution miracle
Nouvelles manœuvres en vue chez les équipementiers télécoms. Selon une information du Wall Street Journal citant des sources proches du dossier, les deux équipementiers seraient en négociations avancées pour mettre en commun leurs infrastructures mobiles afin de mieux résister à la concurrence européenne et chinoise. Si Motorola et Nortel, qui ont refusé de commenter l’information, détiennent chacun environ 16 % du marché du CDMA contre 45 % pour Alcatel-Lucent, cette technologie cellulaire de 3e génération, utilisée principalement aux Etats-Unis et en Corée, n’a pas réussi à s’imposer mondialement face au WCDMA considéré comme l’évolution naturelle de la norme GSM. Selon l’Idate, Motorola n’avait ainsi en 2006 qu’une part de marché de 5 % dans les réseaux GSM et de 2 % dans le WCDMA, tandis que celle de Nortel était de 6 % sur chacune des deux technologies avant que ce dernier ne cède à l’automne 2006 ses activités WCDMA à Alcatel-Lucent ; ceci contraste fortement avec le quasi-duopole d’Ericsson et de Nokia-Siemens dont la part de marché combinée, de 70 % dans le GSM, atteint même 80 % dans le WCDMA.
Alors que la croissance du marché des infrastructures mobiles devrait être étale en 2008, « la nouvelle entité aurait des ventes pro forma 2007 d’environ 10 milliards de dollars », précise le journal, permettant une mutualisation des dépenses de R&D et de marketing bienvenue face à la pression exercée par la clientèle principale des grands opérateurs de télécoms qui s’est elle-même consolidée. Motorola, qui n’a pas exclu de céder par ailleurs son activité de terminaux mobiles, émergerait ainsi avec un périmètre réduit aux équipements radio pour les services de secours et aux décodeurs pour câblo-opérateurs. Quant à Nortel, dont le PDG depuis fin 2005 est l’ancien numéro deux de Motorola, il n’a malgré une rationalisation draconienne toujours pas réussi à retrouver un niveau de rentabilité satisfaisant depuis 2001. Selon le quotidien new-yorkais, « la majorité du capital du joint-venture serait détenue par Nortel qui ne contribuerait pourtant qu’à 30 % de l’activité combinée ». Il n’est toutefois pas sûr que cette initiative soit suffisante pour aboutir au retour à meilleure fortune des deux ex-stars des équipementiers télécoms, tant leur positionnement technologique et géographique semble en décalage avec l’évolution prévisible des besoins du marché.
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