UBS Wealth Management mise sur les entrepreneurs
Depuis le début de la crise, UBS traverse des moments difficiles. La réputation ternie de l’établissement -en raison de la quantité d’actifs toxiques à son bilan, de son sauvetage par l’Etat suisse, mais aussi du scandale Madoff- a immanquablement rejailli sur la banque privée, qui est pourtant sa marque principale et historique. En France, les difficultés financières du groupe ont conduit UBS Wealth Management (UBS WM) à procéder à un plan de sauvegarde de l’emploi, qui s’est traduit par la suppression de 20 à 25 % des postes. La banque s’est recentrée autour de six implantations (Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Bordeaux et Nantes). Malgré cette réduction de voilure, elle a continué à enregistrer une collecte nette, assure-t-elle.
En plus d’un resserrement géographique, UBS WM a également décidé d’accélérer son développement dans le haut de gamme. A l’instar des banques privées généralistes, UBS WM divise le marché en trois segments, qu’il a toujours couvert : les clients core affluent (entre 500.000 et 1,5 million d’euros d’actifs disponibles), les high net worth (entre 1,5 et 30 millions) et les « key clients », l’expression maison pour désigner les détenteurs d’un patrimoine supérieur à 30 millions). Mais aujourd’hui, la banque entend se développer plus particulièrement dans les deux dernières catégories. Avec un objectif bien défini. « Notre ambition est de nous installer, voire de viser la première place, sur le podium des banques privées, en dehors des banques de réseau, dont le positionnement est très différent », explique Thierry de Chambure, président du directoire d’UBS France.
Pour y arriver, UBS WM compte sur une population particulière : les entrepreneurs. Ceux-ci représentent, en nombre, environ 70 % de sa clientèle. Pour cela, elle dispose d’une arme : une équipe de banquiers conseils en opérations de haut de bilan. « Nous souhaitons être le plus en amont possible de la réflexion patrimoine de nos clients, notamment à travers notre activité de conseil financier en fusions-acquisitions [CAG, Corporate Advisory Group], totalement intégrée dans la banque privée », précise Thierry de Chambure. UBS CAG compte onze professionnels, concentrés sur les transactions d’une valeur comprise entre 15 et 400 millions d’euros de valeur d’entreprise. A terme, cette équipe devrait compter une quinzaine de conseillers.
L’exercice 2008 (durant lequel CAG a clos onze mandats) et la première moitié de l’année 2009 ayant été marqués par une baisse significative des cessions d’entreprises, UBS a recommandé à ses clients entrepreneurs de décaler leurs opérations de haut de bilan. Néanmoins, une légère reprise se fait sentir depuis quelques mois ; CAG a réalisé trois opérations au premier semestre 2009, de montants inférieurs à 50 millions d’euros en raison de la difficulté à trouver des financements pour des transactions supérieures.
Comme dans tous les groupes qui développent les synergies entre banque privée et banque d’affaires (JPMorgan, par exemple), la difficulté consiste à éviter la concurrence avec la banque d’investissement. Si de ce côté-là, UBS Investment Bank gère les dossiers d’une valeur supérieure, il faut néanmoins que chacun ait intérêt à coopérer. « Notre équipe est capable de s’appuyer à la fois sur le réseau de la banque privée et sur l’expertise sectorielle d’UBS Investment Bank, répond Thierry de Chambure. Les professionnels de la banque d’investissement sont régulièrement en contact avec leurs clients, groupes multinationaux, qui ont des velléités de croissance externe, ou au contraire de recentrage. » L’existence de CAG constitue donc également une forte valeur ajoutée pour la banque d’investissement. Pour la banque privée elle-même, l’intérêt de CAG est totalement justifié : 96 % des flux disponibles générés par ces transactions ont été placés via UBS WM.
Même si elle fonctionne en architecture ouverte (c’est-à-dire qu’elle peut aussi bien proposer à ses clients des produits issus de concurrents que ceux créés en interne), la banque privée est également proche du pôle de gestion d’actifs, UBS Global Asset Management, avec lequel des réunions quotidiennes sont organisées. UBS WM propose également, à l’instar de ses rivales, une offre de crédit. Pour ses clients les plus fortunés, elle a récemment développé un accompagnement sur les placements philanthropiques, un thème de plus en plus travaillé par les banques privées, en partie pour des raisons fiscales, à travers une plate-forme d’échanges d’expériences en la matière. Autre sujet porteur, celui du wine banking, lié à l’acquisition de domaines viticoles.
Plus d'articles du même thème
-
Face au risque climatique, la tutelle des assureurs les appelle à se mobiliser sur la prévention
L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a conduit une revue des actions du secteur dans la gestion des risques liés au changement climatique. De bonnes pratiques ont été relevées, mais les actions de prévention restent à déployer. -
Donald Trump prolonge sa guerre commerciale
L’administration américaine a instauré de nouveaux droits de douane de 10% ou 12,5% au nom de l’article 301 du Trade Act contre le travail forcé. Un cadre juridique qui inscrit la guerre tarifaire dans la durée. -
Le gendarme américain de la Bourse ouvre le dossier des coffres-forts crypto
Le régulateur des marchés financiers américains débute son travail sur les actifs de la finance décentralisée. Tout en adoptant une posture ouverte au dialogue, il rappelle aux acteurs que certains coffres-forts ou protocoles rentrent dans le giron législatif des valeurs mobilières. -
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure. -
Les fonds actions des marchés émergents signent leur deuxième plus importante collecte hebdomadaire
Les fonds actions axés sur les marchés émergents ont attiré 29,6 milliards de dollars d’entrées nettes sur la semaine, d’après le Flow Show de Bank of America. -
La roupie indienne reste en mauvaise posture
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
Contenu de nos partenaires
-
SpaceX : premier vol d’essai réussi pour la mégafusée Starship depuis l’entrée en Bourse du groupe
La mégafusée Starship a mené vendredi un vol d'essai réussi, le premier depuis l'introduction en Bourse de SpaceX en juin. Le lanceur doit notamment jouer un rôle central dans le programme lunaire Artémis de la Nasa -
Ukraine : ce que la nomination du général Mykhaïlo Drapaty à la tête de l'armée peut changer
Connu pour son image de réformateur, Mykhaïlo Drapaty, 43 ans, succède à Oleksandr Syrsky à la tête des forces armées ukrainiennes. Une nomination porteuse d'espoir en Ukraine, mais qui s'accompagne d'attentes considérables -
Guerre au Moyen-Orient : Donald Trump menace d'intensifier les frappes contre l'Iran
Donald Trump a menacé dans la nuit de vendredi à samedi d'intensifier les frappes contre l'Iran, après avoir déjà averti vouloir saisir les avoirs iraniens gelés pour indemniser les navires touchés dans le Golfe. Téhéran multiplie les mises en garde, tandis que le conflit s'étend désormais à la mer Rouge