UBS se prépare à une assemblée générale extraordinaire sous haute tension
L’univers feutré de la finance suisse va-t-il connaître une révolution le 27 février ? La crise laisse augurer une assemblée générale extraordinaire sous haute tension entre, d’un côté la direction d’UBS qui demande à ses actionnaires d’approuver ses recommandations, et de l’autre Ethos et des petits porteurs, qui remettent en cause la stratégie de la banque. Au cours de cette assemblée générale, seront notamment évoquées une augmentation de capital de 13 milliards de francs et la « demande de renseignements et de contrôle spécial » formulées par Ethos, un groupe d’investisseurs institutionnels. Une dernière requête qu’UBS souhaite voir rejetée.
Ethos entend en effet « clarifier les circonstances » qui ont conduit la banque à annoncer des « amortissements et des pertes massives liées à la crise hypothécaire aux Etats-Unis ». Il souhaite en savoir plus sur la gestion et le contrôle des risques au sein d’UBS, et s’inquiète de la révision constante des dépréciations liées aux subprimes. Les provisions annoncées par la banque pour le quatrième trimestre sont passées de 10 milliards de dollars en décembre à 14 milliards le 30 janvier. Fin octobre 2007, la banque helvétique avait pourtant annoncé qu’il était « très improbable que les dépréciations au quatrième trimestre soient de l’ordre de celles du troisième », où elles avaient atteint 3,6 milliards.
Par ailleurs, les conditions de l’augmentation de capital envisagée par le groupe sont contestées. Ethos et les petits actionnaires sont d’accord avec l’objectif de recapitalisation de la banque qui devrait lui assurer un ratio de solvabilité tier one légèrement inférieur à 12 %. Ils critiquent en revanche l’entrée au capital pour 11 milliards de francs suisses du fond souverain de Singapour GIC (Government of Singapore Investment Corporation) via des obligations convertibles auxquelles les autres actionnaires n’ont pas accès. Ce traitement préférentiel se traduira par une forte dilution pour les porteurs de titres actuels.
Mais au-delà, les critiques visent la stratégie du premier gérant mondial de fortune, un métier où la confiance est primordiale. La crise actuelle, qui a particulièrement affaibli UBS, risque fort d’égratigner l’image de la banque suisse et donc ses perspectives de revenus futurs. Un manque de confiance qui se traduit sur le titre UBS par une perte de 25 % depuis trois mois, et 40 % en un an.
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