UBS relativise l’impact de la nouvelle donne fiscale en Europe
UBS souhaite faire peau neuve. La banque suisse a joué la carte de la transparence lors de sa journée dédiée aux investisseurs, grand-messe qui a eu lieu hier à Londres. Elle a chiffré entre 15 à 40 milliards de francs suisses (11 à 30 milliards d’euros) la perte d’encours résultant des modifications de la fiscalité internationale. Une décollecte qui s’ajouterait aux 20 milliards de francs retirés ces douze derniers mois par les clients français, allemands, italiens, autrichiens et britanniques.
C’est la première fois qu’une banque donne une estimation chiffrée en termes de perte d’actifs liée aux changements à venir dans les accords de double imposition entre la Suisse et les pays de l’Union européenne, à la suite des négociations concernant la levée du secret bancaire. La Suisse a en effet signé une série de nouveaux traités sur la double imposition avec l’Allemagne et le Royaume-Uni le mois dernier, qui devraient être étendus aux autres pays européens et pourraient conduire de nombreux clients étrangers qui détiennent des fonds en Suisse à rapatrier leurs actifs.
Le chiffrage semble plutôt optimiste quand on le compare aux prévisions des analystes. En effet, UBS détenait 435 milliards de francs suisses d’actifs provenant de clients européens à l’issue du troisième trimestre, sur un total de 1.480 milliards. Après avoir été accusée de favoriser la fraude fiscale aux Etats-Unis en 2009 et avoir amorti plus de 50 milliards de dollars d’actifs toxiques durant la crise, le deuxième gestionnaire de fortune au monde a déjà connu une forte décollecte. Bonne nouvelle, le fisc américain a hier officiellement abandonné ses poursuites contre la banque, en vertu de l’accord trouvé cet été avec la Suisse.
Par ailleurs, le groupe compte sur le renforcement de ses activités dans les pays émergents. «Nous pouvons faire face à la situation européenne grâce à nos bonnes positions en Asie-Pacifique, dans les marchés émergents», a indiqué un porte-parole.
Après avoir annoncé une perte surprise au troisième trimestre sur ses activités de BFI, UBS a confirmé hier ses objectifs annuels en visant un bénéfice avant impôt d’environ 15 milliards de francs suisses, soit environ 11,2 milliards d’euros. Le groupe veut ramener son coefficient d’exploitation dans une fourchette de 65% à 70%, alors que le rendement des fonds propres devrait se situer entre 15% et 20%.
Plus d'articles du même thème
-
Le régulateur financier demande des moyens à la hauteur des défis qui l’attendent
François Villeroy de Galhau, gouverneur sortant de la Banque de France, a profité du traditionnel rapport annuel de l’Autorité de contrôle pour dresser le bilan d’une décennie de régulation et surtout formuler ses vœux pour l’avenir de la supervision bancaire et assurantielle. -
Le marché high yield ne connaît pas la crise
Les émetteurs haut rendement ont afflué ces dernières semaines sur le marché primaire, soutenus par la forte demande pour le rendement. Certains craignent néanmoins une trop grande complaisance. -
L’énergie et la technologie alimentent les records en Bourse
Ces deux secteurs ont permis aux marchés actions de bien performer depuis le début de l’année, portés notamment par les bons résultats du premier trimestre. Mais la dynamique est moins favorable pour l’Europe. -
Vinfast a décidé de transformer son modèle économique
La cession prochaine de ses actifs de production au Vietnam à des investisseurs, doublée d’une reprise de dette, vise à réduire l’intensité capitalistique du spécialiste des véhicules électriques. -
La banque centrale indienne intervient pour soutenir la roupie
Confrontée à une longue chute, la monnaie indienne s’est redressée après l’annonce d’une opération de la Banque de réserve de l’Inde. Elle reste fragile, fluctuant au gré de l’évolution des prix du pétrole, en attendant la prochaine réunion de politique monétaire. -
State Street IM investit dans une plateforme allemande de gestion de patrimoine
Le gestionnaire américain a pris une participation minoritaire dans getquin.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Serrer les dentsAides carburant et économies : jusqu'où Lecornu peut-il tenir ?
Maintenant qu'il a repoussé la sortie de crise au-delà de l'été, au mieux, le Premier ministre s'engage dans une course de fond sans moyen financier, diminué par le faible nombre d'alliés et plombé par le contexte économique -
Ligne de crêteSébastien Lecornu entre volonté de soutenir l'activité et refus du « quoi qu'il en coûte »
En annonçant l'élargissement des aides pour une période de trois mois supplémentaires, Sébastien Lecornu a promis qu'il ne proposerait aucune augmentation d'impôt dans son projet de budget 2027 -
PénuriesLFI et le RN votent ensemble pour priver la France de riz, de chocolat, de fruits et de légumes
Mercredi en séance publique, les députés des deux extrêmes ont voté conjointement un amendement à la loi agricole pour interdire toute importation de produits ayant utilisé un phytosanitaire non homologué en France. Ce qui peut priver notre pays d'une partie de sa nourriture