UBS relativise l’impact de la nouvelle donne fiscale en Europe

A l’occasion de sa journée investisseurs, la banque a évalué l’effet des conventions de double imposition entre 15 à 40 milliards de francs suisses
Patrick Aussannaire

UBS souhaite faire peau neuve. La banque suisse a joué la carte de la transparence lors de sa journée dédiée aux investisseurs, grand-messe qui a eu lieu hier à Londres. Elle a chiffré entre 15 à 40 milliards de francs suisses (11 à 30 milliards d’euros) la perte d’encours résultant des modifications de la fiscalité internationale. Une décollecte qui s’ajouterait aux 20 milliards de francs retirés ces douze derniers mois par les clients français, allemands, italiens, autrichiens et britanniques.

C’est la première fois qu’une banque donne une estimation chiffrée en termes de perte d’actifs liée aux changements à venir dans les accords de double imposition entre la Suisse et les pays de l’Union européenne, à la suite des négociations concernant la levée du secret bancaire. La Suisse a en effet signé une série de nouveaux traités sur la double imposition avec l’Allemagne et le Royaume-Uni le mois dernier, qui devraient être étendus aux autres pays européens et pourraient conduire de nombreux clients étrangers qui détiennent des fonds en Suisse à rapatrier leurs actifs.

Le chiffrage semble plutôt optimiste quand on le compare aux prévisions des analystes. En effet, UBS détenait 435 milliards de francs suisses d’actifs provenant de clients européens à l’issue du troisième trimestre, sur un total de 1.480 milliards. Après avoir été accusée de favoriser la fraude fiscale aux Etats-Unis en 2009 et avoir amorti plus de 50 milliards de dollars d’actifs toxiques durant la crise, le deuxième gestionnaire de fortune au monde a déjà connu une forte décollecte. Bonne nouvelle, le fisc américain a hier officiellement abandonné ses poursuites contre la banque, en vertu de l’accord trouvé cet été avec la Suisse.

Par ailleurs, le groupe compte sur le renforcement de ses activités dans les pays émergents. «Nous pouvons faire face à la situation européenne grâce à nos bonnes positions en Asie-Pacifique, dans les marchés émergents», a indiqué un porte-parole.

Après avoir annoncé une perte surprise au troisième trimestre sur ses activités de BFI, UBS a confirmé hier ses objectifs annuels en visant un bénéfice avant impôt d’environ 15 milliards de francs suisses, soit environ 11,2 milliards d’euros. Le groupe veut ramener son coefficient d’exploitation dans une fourchette de 65% à 70%, alors que le rendement des fonds propres devrait se situer entre 15% et 20%.

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