UBS prie ses actionnaires de réserver le meilleur accueil à ses sauveteurs
Dans une lettre ouverte, les dirigeants insistent sur l’impérieuse nécessité d’entériner en assemblée le « plan de renforcement du capital » de la banque
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Benoît Menou
L’orage n’est peut-être pas encore totalement passé sur les marchés financiers. Dès lors, Marcel Ospel et Marcel Rohner, président du conseil d’administration et directeur général d’UBS, ont pris la plume en fin de semaine dernière pour convaincre les actionnaires du caractère hautement stratégique et nécessaire du « plan de renforcement du capital » de leur établissement.
Les actionnaires sont en effet appelés à entériner le 27 février prochain, en assemblée générale extraordinaire, l’entrée en force au capital de deux actionnaires stratégiques, le fonds souverain Government of Singapore Investment Corp (GIC) associé à un mystérieux investisseur moyen-oriental. UBS a annoncé le mois dernier que ces derniers entendaient lancer une confortable bouée de sauvegarde à la banque en lui allouant un apport de 13 milliards de francs suisses au travers d’obligations convertibles obligatoirement en actions. A terme, l’échéance des titres étant fixée à mars 2010, GIC détiendra 9 % du capital et l’intervenant anonyme 1,5 %. «GIC vise des objectifs exclusivement commerciaux. Nous n’avons aucune intention de contrôler les activités d’UBS», a voulu rassurer pour sa part son directeur général, Lim Siong Guan, dans un entretien publié dimanche par le Neue Zürcher Zeitung. En décembre, la banque a fait part d’une dépréciation d’actifs complémentaire de 10 milliards de dollars relative à son exposition au marché subprime. Pour agir sans tarder avec le soutien d’ « investisseurs financiers à long terme, stables et jouissant d’une excellente réputation », l’augmentation immédiate des fonds propres « était la meilleure solution ». Car UBS n e peut pas se permettre une dégradation de ses ratios de bilan, préjudiciable à son activité de gestion de fortune dont il est le numéro un mondial.
De plus, la banque suisse fait vœu de prudence à l’aube d’un exercice encore délicat, car nul ne peut prédire l’impact final des turbulences actuellement à l’œuvre. Le groupe estime pouvoir justifier grâce à cette « amélioration proposée du capital » d’une structure de bilan suffisamment solide pour faire face à une éventuelle poursuite de la dégradation du marché immobilier outre-Atlantique, même au-delà des niveaux prévus pour l’instant. Il reste que le le quotidien helvétique SonntagsZeitung rapporte de son côté dimanche qu’UBS pourrait annoncer cinq à huit milliards de dollars de dépréciations supplémentaires. Le groupe n’a fait aucun commentaire.
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