UBS mêlé au gel d’un segment du marché des obligations immobilières
Depuis que la banque a révélé le 14 février une forte exposition aux Alt-A, la valeur de ces titres plonge, entraînant d’autres acteurs dans leur chute
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Alexandre Garabedian
Depuis quinze jours, la rumeur enfle dans les salles de trading. UBS serait à l’origine des fortes perturbations que connaît depuis mi-février le marché des titres adossés aux prêts immobiliers Alt-A, qui ont été consentis aux Etats-Unis au segment de clientèle intermédiaire entre le subprime et le prime. Kian Abouhossein, chez JPMorgan, l’a publiquement reprise à son compte hier dans une note assassine pour la banque suisse.
« Il est fort probable qu’UBS ait vendu son portefeuille Alt-A prime d’une valeur faciale de 25 milliards de francs lors d’une vente à prix cassé (fire sale) », écrit l’analyste, avant d’ajouter que cette liquidation d’actifs « établit une nouvelle voie stratégique, qui succède à une période de vente ordonnée des actifs au sein du système bancaire ». Les rumeurs de marché évoquent une vente à 70 % de la valeur faciale des titres au gérant Pimco, alors que ceux-ci avaient été évalués mi-février par la banque à 96 cents pour un dollar dans ses livres. Le géant helvétique ne faisait pas commentaire hier. Pimco a démenti, évoquant une " exagération ".
Une chose est sûre, depuis que la banque a révélé le 14 février qu’elle détenait un portefeuille de 26,6 milliards de dollars d’obligations AAA adossées à deux types de prêts Alt-A, ce marché ne fonctionne plus normalement. Les craintes de ventes massives ont alimenté un cercle vicieux : les acheteurs se retirent, la valeur des titres baisse et pénalise les investisseurs ayant recours à l’endettement, qui doivent alors répondre aux appels de marge de leurs banquiers et sont obligés de liquider leurs positions.
Le 28 février, le prêteur immobilier américain Thornburg, confronté à un appel de marge de 300 millions de dollars, évoquait ainsi « une dégradation soudaine » de ce marché. En quinze jours, le prix des MBS (mortgage-backed securities) adossés aux Alt-A, pour lesquels il n’existe pas d’indice, aurait baissé de 10 % à 15 %. « C’est un problème de valeur et de psychologie de marché, qui n’a rien à voir avec la qualité sous-jacente des prêts, expliquait alors Larry Goldstone, directeur général de Thornburg. Nous sommes dans un cas de prophétie qui s’autoréalise. » Depuis, plusieurs hedge funds ont dû liquider leurs fonds. Ils n’ont pas évoqué explicitement les Alt-A, mais dans un cas au moins, celui du fonds Peloton Partners, la décision trouverait sa source dans l’effondrement de ce marché.
Après l'opération historique de SpaceX, plusieurs sociétés ont voulu profiter de l’effervescence pour entrer à leur tour en Bourse cet été. Des opérations souvent à l’initiative de sociétés de capital-investissement désireuses de se retirer. Sans doute de quoi expliquer des débuts de cotation en demi-teinte.
Reprise de Batibig par Charterhouse, passage de relais d’Eurazeo à Partners Group au capital d’Aroma-Zone, cession d’Idex par Antin, offre de Mubadala Capital sur Pierre et Vacances : L’Agefi passe en revue les principales transactions annoncées durant la période estivale.
Au deuxième trimestre, les ventes de logements neufs aux particuliers ont diminué de près de 5%. Le climat, attentiste à l'approche de l'élection présidentielle, devrait continuer de peser sur le marché.
Le compte à rebours est peut-être lancé pour les ETF World, S&P 500 et Nasdaq logés dans le PEA. Une note interprofessionnelle du 24 juillet 2026 laisse entrevoir la fin de l'éligibilité des ETF synthétiques exposés hors Europe, au PEA.
Par défaut d’entente entre les deux parties, de nouveaux droits de douane de 50 %, voulus par Donald Trump, sont entrés en vigueur, samedi 22 août, sur un certain nombre de produits canadiens. Ottawa imposera des surtaxes d’un même montant, « au dollar près », affirme Mark Carney
« Il vaut mieux mettre fin à la guerre maintenant, alors que nous sommes en position de force et dans la dignité », a estimé le président iranien, Massoud Pezeshkian, vendredi 21 août. De son côté, Washington cherche à renforcer sa guerre économique contre Téhéran