Tracfin est confrontée à la hausse des déclarations de soupçon de blanchiment

Les effectifs de la cellule augmentent mais aussi les informations qu’elle doit traiter avant de transmettre des dossiers à la justice
Solenn Poullennec
Photo: PHB/Agefi
Photo: PHB/Agefi  - 

La cellule française de traitement du renseignement financier, Tracfin, s’active. En 2011, elle a transmis 1.064 dossiers de blanchiment d’argent aux administrations partenaires ou à la justice (500 dossiers) soit une augmentation de 20% sur un an. Il faut dire que, malgré les coupes budgétaires imposées à l’administration, les effectifs de la cellule progressent régulièrement. Elle devrait compter une centaine d’agents d’ici à 2013.

Cependant, «le ratio déclarations transmises / déclarations reçues par Tracfin est faible», a déploré la Cour des comptes dans son rapport annuel. Parallèlement à l’accroissement des effectifs, le nombre d’informations transmises ne cesse de progresser. En 2011, plus de 24.000 déclarations de soupçons (+19% sur un an) ont été mises sur la table du service. Parmi elles, Tracfin relève la progression des opérations de blanchiments via l’or ou des cartes prépayées.

L’augmentation des déclarations peut s’expliquer par une vigilance accrue des professionnels. Mais aussi par l’augmentation du nombre de ceux qui sont soumis au dispositif contre le blanchiment de capitaux et la lutte antiterroriste. Ainsi, les agents sportifs sont depuis peu priés de collaborer avec la cellule de renseignement. Pour autant, les professionnels, qui sont à l’origine de 95% des «pistes», ne sont pas tous aussi coopératifs. Dans son rapport, la Cour des comptes a salué la bonne volonté des banques et des assurances. Mais elle pointe du doigt l’implication «insuffisante» et «trop limitée» des mutuelles, des intermédiaires en assurance et des conseillers en investissements financiers.

Cette mauvaise volonté peut s’expliquer par le manque d’expérience de certaines professions et le peu de moyens des petites structures. Mais alors que l’AMF et l’Autorité de contrôle prudentiel doivent veiller à la coopération des professions financières, la Cour des comptes regrette aussi que «le nombre et le montant des sanctions prononcées [par celles-ci] restent très limités». Pour améliorer l’efficacité de la cellule, les magistrats recommandent notamment à Tracfin de faire de la pédagogie, avec l’aide de l’ACP et de l’AMF, pour aider les professionnels à mieux appréhender ce qu’il faut mettre dans leur déclaration de soupçons. Ils préconisent par ailleurs d’améliorer le tri des informations transmises pour privilégier les dossiers les plus intéressants.

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