Tokyo est plus optimiste sur les perspectives économiques de l’Archipel

Le PIB a progressé de 1% à fin mars contre un consensus à +0,9%. Mais l’environnement international pourrait contrarier la reprise domestique
Yves-Marc Le Reour

Pour la première fois depuis août dernier, le gouvernement nippon se dit plus optimiste sur les perspectives économiques de l’Archipel, après la publication de chiffres supérieurs aux attentes au premier trimestre. Soutenue à la fois par une hausse de la consommation et par une amélioration de ses exportations, l’économie japonaise a progressé de 1% entre janvier et mars, alors que le consensus des économistes tablait sur +0,9%. De plus, la contraction de 0,2% estimée pour les trois derniers mois de 2011 a finalement été revue, Tokyo annonçant un PIB inchangé dans son estimation finale. L’amélioration de la consommation concerne plus particulièrement les dépenses consacrées aux voyages et à l’automobile, à la faveur d’une hausse graduelle des salaires. A cela s’ajoute «l’effet bénéfique des dépenses de reconstruction» dans le Nord-Est du pays, région dévastée par le tsunami de mars 2011.

Si l’économie devrait continuer de progresser à un rythme modéré, «des difficultés subsistent», nuance le rapport gouvernemental, en citant la modération à venir de la croissance chinoise et les incertitudes grandissantes sur l’issue de la crise des dettes souveraines en Europe. L’approvisionnement en électricité constitue également une menace tangible à la reprise. Afin d’éviter des coupures de courant dans l’Ouest du Japon, le gouvernement vient ainsi de demander aux entreprises et aux ménages de la région de réduire de 15% leur consommation d’électricité cet été, lorsque la chaleur favorisera un pic de consommation électrique liée à la climatisation.

Le gouvernement veillera par ailleurs à ce qu’une appréciation trop importante du yen ne sape pas les capacités exportatrices de l’Archipel. Le dollar et l’euro s’échangeaient cette nuit à 79,39 yens et 100,81 yens, reflétant une hausse de 0,2% de la monnaie nippone qui a ainsi touché un plus haut de 3 mois face au billet vert et à la monnaie unique. Le ministre des Finances Jun Azumi a pour sa part attribué ce phénomène à «la surréaction de certains spéculateurs». La hausse du yen et l’accentuation des problèmes de la Grèce faisaient chuter le rendement des obligations d’Etat à 10 ans du Japon de 3 points de base à 0,815 % cette nuit selon Bloomberg, au plus bas depuis juillet 2003. L’indice Nikkei était de son côté en repli de 2,4%.

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