TF1 reste discret sur les éléments chiffrés de ses orientations stratégiques

Le groupe veut agir en média global et améliorer ses performances. Mais il n’a donné que deux objectifs financiers précis
Olivier Decarre

« Je n’ai pas l’intention de vous donner de chiffres », a lancé Nonce Paolini, le directeur général de TF1, lors de la présentation hier des orientations stratégiques du groupe. Seules données avancées, TF1 veut, d’ici quatre à cinq ans, obtenir 50 % de son activité via la diversification (contre 38 % en 2007) et 20 % de marge d’Ebitda (contre 15,7 % en 2007). Mais sur la manière précise d’y parvenir, le groupe est resté plus discret. Certes, une part des économies possibles dépend de l’évolution réglementaire (les obligations de production comptent pour 30 % des coûts opérationnels). Or, il est vrai que, pour l’instant, il est difficile d’y voir clair sur ce terrain.

Il n’empêche que le groupe ne s’est guère montré plus disert sur les postes qui dépendent directement de sa gestion. Il a ainsi avancé sans plus de détails un « objectif de stabilisation » des coûts de programmes libres et une volonté d’« optimisation » des coûts de structure et de fonctionnement.

Des analystes attendaient par exemple un regroupement des rédactions de TF1 et LCI. Sur 160 millions de budget, CM-CIC jugeait au préalable que 10 % d’économies sur 12 mois étaient envisageables. Mais le groupe n’est pas allé aussi loin dans le détail, disant simplement vouloir « réinventer le modèle de LCI en optimisant les synergies avec TF1 ». Pas d’engagement non plus lorsque le groupe parle de « développer la monétisation sur le web ».

TF1 a donc surtout fixé les grandes orientations de son développement futur avec un maître-mot : s’imposer comme un « média global ». Conforter le leadership de TF1, faire monter TMC en puissance et procéder à un développement multicanal en jouant sur les rebonds entre antenne et web font partie des pistes. Pour cela, le groupe veut s’appuyer autant sur la production interne que sur les partenariats ou les acquisitions (par exemple d’une chaîne TNT). Profiter du savoir-faire maison est aussi au menu. D’où la création d’une régie publicitaire online.

En attendant la concrétisation de ces intentions, TF1 a aussi dit un mot de 2008. Il n’a pas souhaité fournir de prévisions sur les recettes publicitaires et parle d’une « année charnière » où le chiffre d’affaires global devrait croître de 2,4 %. Que cela tienne à la présentation d’hier ou aux résultats annoncés la veille au soir, le marché est en tout cas resté sur sa faim. Le titre a perdu 4,92 %.

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