Tesco se trouve un nouveau patron chez Unilever pour se relancer
Sur fond d’avertissement sur résultats, le leader des supermarchés britanniques a annoncé hier le recrutement de Dave Lewis au poste de directeur général
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Stéphanie Salti, à Londres
Une grande perte pour Unilever, un excellent présage pour Tesco. Les analystes ont salué hier la nomination de Dave Lewis, vétéran d’Unilever et actuel président de sa branche cosmétique, au poste de directeur général de Tesco à compter du 1er octobre prochain.
A cette date, l’actuel directeur général, Philip Clarke, quittera son poste mais restera au sein du groupe de supermarchés jusqu’à fin janvier 2015 pour faciliter la transition. Cette annonce marque ainsi pour ce professionnel la fin d’une carrière de 40 ans au sein de Tesco, au cours de laquelle le distribueur alimentaire est passé de la troisième à la première place du secteur en Grande-Bretagne.
Ayant hérité des rênes de Tesco en mars 2011, Philip Clarke s’est cependant heurté très vite à des difficultés, et non des moindres : la gestion de l’expansion internationale orchestrée par son prédécesseur Terry Leahy au détriment des activités domestiques, qui représentent encore près de deux tiers des profits et des ventes de Tesco. Malgré une tentative de modernisation de ses supermarchés britanniques et un investissement à hauteur de 1 milliard de livres depuis 2012, Philip Clarke n’est pas parvenu à enrayer la chute des ventes du distributeur. Sa tactique récente consistant à réduire drastiquement les prix pour contrer l’offensive des discounters Aldi et Lidl n’a pas non plus été concluante.
L’arrivée de Dave Lewis, le premier directeur général de Tesco recruté à l’extérieur de l’entreprise, intervient ainsi à un moment difficile pour le distributeur : Tesco a en effet annoncé hier un avertissement pour ses résultats du premier semestre, le deuxième sous la houlette de Philip Clarke. Selon les observateurs, la nomination de Dave Lewis, réputé pour son intérêt pour le client et l’innovation produit, devrait s’accompagner d’un passage en revue des activités du groupe et d’un remaniement de l’état-major. Un changement de politique tarifaire ne serait pas non plus à exclure.
En attendant, l’annonce de cette nomination a été bien accueillie à la Bourse de Londres. Malgré son «warning», le titre Tesco a fini la séance en hausse de 1,28% à 288,65 pence après avoir gagné jusqu'à 3,51%.
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