Telefonica et Volkswagen portent le marché primaire de la dette hybride
Le marché primaire de la dette hybride corporate est en pleine expansion. Avec plus de 50 milliards d’euros d’encours, il a été porté par l’émission de 3 milliards réalisée par Volkswagen le 17 mars, après les deux émissions du même type déjà placées par le constructeur automobile allemand l’année dernière. Cette opération, constituée de deux tranches de maturité perpétuelle ressorties à des rendements supérieurs de 294 et et 320 pb au-dessus du taux mid-swap, a bénéficié d’un ratio de couverture de 2,9 fois et servira au financement de l’acquisition de Scania. Il s’agit en outre de la plus importante émission de dette hybride corporate libellée entièrement en euros, et la deuxième toutes devises confondues après les 5,3 milliards de dollars levés par EDF en janvier 2013.
Hier, c’est Telefonica qui est venu émettre 1,75 milliard d’euros de dette hybride en deux tranches assorties de coupons de 5% et 5,875%. Le volume des émissions hybrides libellées en euro a progressé de 19% sur un an pour atteindre 12,4 milliards de dollars depuis le début de l’année, selon Dealogic. Dans le même temps, le spread moyen s’est réduit à 312 pb sur un an, le plus faible niveau enregistré depuis 2007 (176 pb). «D’autres émetteurs viendront sur le marché de la dette hybride avec des montants significatifs», estime Antoine Loudenot, responsable de la structuration d’instruments de capital chez Société Générale CIB, en charge de l’opération VW.
Un segment néanmoins terni par l’activation cette année par ArcelorMittal et Telecom Italia de leur clause de rachat anticipé à la suite d’un événement de rating. Comme dans les cas de Dong et d’Alliander en 2013, les deux souches concernées ont fait l’objet d’un rachat à 101% du pair, alors qu’elles traitaient à 108% et 102%. «Nous constatons qu’en mark to market, ce sont les événements de ‘non call’ qui ont jusqu’ici été les plus meurtriers pour les porteurs de dette», relativise Natixis. La banque estime que près de 17 milliards équivalent euros de dettes hybrides seront potentiellement remboursables en 2015, contre 3 milliards cette année et 1,9 milliard en 2013.
Pour les instruments libellés en euro, les «calls» potentiels en 2015 proviennent pour 5,9 milliards d’euros des émissions réalisées en 2005-2006 (Suedzucker, Vattenfall, Dong, Bayer, Henkel, Vinci), et pour 3 milliards de celles réalisées en 2010 (S&SE, Suez Environnement, RWE).
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