Swiss Re souligne le coût de la répression financière pour les assureurs
Dans une nouvelle étude, le géant de la réassurance Swiss Re s’intéresse au concept de «répression financière» et à ses conséquences potentiellement néfastes. La Banque de France l’a défini comme englobant «l’obtention par l’État de prêts préférentiels auprès de publics nationaux captifs, le plafonnement explicite ou implicite des taux d’intérêt, la réglementation des mouvements de capitaux transnationaux et, plus généralement, le resserrement des liens entre l’État et les banques, par une participation publique explicite ou par une lourde ‘pression morale’».
Pour Swiss Re, cet impact sur les marchés est «indiscutable». D’abord pour les épargnants, notamment américains. Ces derniers ont perdu 470 milliards de dollars en revenus d’intérêts nets depuis la crise financière. Ensuite, pour les assureurs eux-mêmes. Le rapport estime que les compagnies américaines et européennes ont vu s'échapper quelque 400 milliards de dollars de gains de rendement sur la même période. «Cela correspond actuellement à une ‘taxe’ annuelle moyenne d’environ 0,8% du total des actifs financiers, diminuant la capacité des investisseurs de long terme à orienter les fonds vers l'économie réelle», souligne Swiss Re. Avec à la clé, un risque accru pour la stabilité financière.
En comprimant artificiellement les rendements et en perturbant le fonctionnement des marchés privés, «la répression financière a un effet dissuasif pour les gouvernements chargés de traiter des dossiers prioritaires de politique publique et de faire avancer le calendrier des réformes structurelles», ajoute le document. Et plus les mesures de politique monétaire non conventionnelles se prolongeront, plus la phase de sortie sera difficile à piloter, prévient le réassureur.
Dans ces conditions, Swiss Re appelle à se saisir d’une «fenêtre d’opportunité» dans le domaine des investissements d’infrastructure. «Nous avons besoin d’une classe d’actifs négociables dans le domaine des infrastructures, de façon à ne plus dépendre du secteur public pour les investissements», insiste Guido Fürer, le directeur des investissements de Swiss Re, qui souhaite voir mis en place un «marché efficient de la dette privée d’infrastructure».
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