Swiss Re rassure les investisseurs sur son exposition au subprime

Le réassureur a inscrit une dépréciation supplémentaire de 240 millions de francs suisses liée aux CDS alors que le marché s’attendait à pire
Alexandre Boksenbaum

Swiss Re a surpris le marché en annonçant de futures dépréciations bien moins élevées qu’anticipé. Le premier groupe mondial de réassurance a affiché un bénéfice net certes inférieur aux prévisions, en retrait de 9 % à 4,2 milliards de francs suisses (2,63 milliards d’euros), mais supérieur aux 4 milliards attendus par le marché. Ceci résulte du bon comportement de ses activités dommages (P&C) ainsi que vie & santé (L&H) dont les résultats opérationnels ont respectivement crû de 6 % et 76 %, à 5,95 et 2,72 milliards de francs.

Alors que beaucoup s’attendaient à une aggravation, le groupe a inscrit une provision supplémentaire de 240 millions de francs liée aux crédits structurés (CDS). En novembre, Swiss Re avait inquiété les experts en annonçant une première perte de 1,2 milliard de francs sur ce marché. Le portefeuille de CDS a été ramené à 21,3 milliards de francs, contre 31,4 milliards en novembre. Alors que le groupe n’enregistrera plus de nouvelle transaction structurée, le directeur financier de Swiss Re, George Quinn, s’est déclaré « très confortable » avec son portefeuille actuel.

Pour Michael Huttner, analyste chez JPMorgan, « les chiffres sont très bons à première vue, la crise semble ne pas les avoir affectés autant que je le craignais ». Un sentiment partagé par les investisseurs vendredi à l’ouverture des marchés.

Fort de ses « solides » résultats, le groupe suisse va proposer un dividende par action en hausse de 18 % à 4 francs. Swiss Re a également confirmé ses objectifs à moyen terme avec un ROE attendu à 14 % et une croissance de son bénéfice par action de 10 %. Le ratio combiné du pôle P&C est espéré à 96 % pour 2008, alors que le groupe prévoit un taux de croissance annuel cumulé de ses bénéfices par action de 15 % entre 2008 et 2010. Par ailleurs, le réassureur va s’appuyer sur la transaction avec Berkshire Hathaway, qui a pris une part de 20 % dans les activités P&C, pour financer un nouveau plan de rachat de titres. Le groupe envisage également d’intégrer ses activités de services financiers à ses autres divisions au cours du premier trimestre 2008. Seule ombre au tableau : les poursuites judicaires entamées cette semaine aux Etats-Unis par un investisseur qui reproche à la compagnie de ne pas avoir révélé les risques qui ont conduit à la dépréciation sur les CDS.

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