Surpassant les attentes du consensus, Ahold va proposer un dividende
Pour la première fois depuis cinq ans, le groupe néerlandais offrira un dividende à ses actionnaires. La direction veut verser 0,16 euro par action
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Alexandre Boksenbaum
La patience des actionnaires d’Ahold enfin récompensée. La chaîne de supermarchés néerlandaise a annoncé qu’elle allait proposer à ses détenteurs de titres un dividende de 0,16 euro par action, une première depuis cinq ans. Le groupe n’avait en effet plus versé de dividendes depuis le scandale lié à des pratiques comptables douteuses, qui avait failli conduire Ahold à la faillite en 2003. De cette façon, le groupe confirme les espérances du marché qui envisageait un tel niveau de distribution des bénéfices. Porté par la vente de Tops Market, qui a généré un gain de 38 millions d’euros, les profits du groupe ont très largement battu le consensus. En effet, Ahold a enregistré un résultat net de 262 millions d’euros au quatrième trimestre 2007, 9 % de mieux qu’en 2006, à comparer aux 159 millions envisagés par le marché.
Maintenant qu’il a cédé Tops Market, le propriétaire du distributeur Albert Heijn entend poursuivre cette année la réorganisation de ses enseignes américaines, Stop&Shop et Giant-Landover, entamée en 2006. Ainsi Stop&Shop a-t-il déjà réduit les prix de 1.500 références en octobre et remodelé ses points de vente pour réduire l’écart qui le sépare de Wal-Mart. Ahold espère continuer d’améliorer ses marges. La société s’attend désormais à réaliser une marge opérationnelle de 4,5 % à 5 % en 2008, soit une fourchette supérieure de 0,5 point aux objectifs de 2007. L’an dernier, la marge a finalement été de 4,6 %. « Ce programme aux Etats-Unis et Albert Heijn sont les principaux moteurs de la croissance de forts résultats dans les années à venir », a ainsi confirmé Karel Zoete, analyste chez Rabo Securities, saluant la stratégie d’Ahold.
Seul ombre au tableau : la quasi-stagnation de l’activité du groupe sur le dernier trimestre, à 6,6 milliards d’euros, freinée par la baisse du dollar qui a réduit la valorisation en euros des ventes américaines, alors qu’Ahold réalise 60 % de son chiffre d’affaires aux Etats-Unis. Le dollar est également responsable de la baisse de 7,4 % du bénéfice d’exploitation du groupe belge Delhaize, qui a dû faire cette annonce le même jour que la présentation d’Ahold. Delhaize réalise 80 % de son activité aux Etats-Unis. Nul doute qu’en comparant cet état à celui du néerlandais, les rumeurs de fusion entre les deux groupes de distribution pourraient rapidement faire leur retour.
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