«Sur la dette subordonnée, le rendement compense la volatilité»

Paul Gurzal, directeur crédits chez La Française AM
Solenn Poullennec

- L’Agefi : Quelles sont les perspectives sur le marché de la dette bancaire d’ici à la fin de l’année ?

- Paul Gurzal : La dette bancaire est multiple. En effet, les dynamiques propres aux marchés de la dette senior bancaire et des dettes subordonnées sont divergentes. L’un est animé par la volonté obsessionnelle du secteur de se recapitaliser et l’autre étouffé par l’anémie de la distribution de crédit en Europe. Les flux nets d’émissions d’obligations sur le marché de la dette senior seront probablement autour de 150 milliards d’euros (-50% par rapport à 2009) alors que la dette subordonnée nouvelle génération sera à 45 milliards d’euros. Le volume du primaire sur les obligations seniors s’affaiblit encore avec les TLTRO [les opérations de refinancement ciblées sur l'économie réelle] menées par la BCE.

- Quelle est votre stratégie ?

- Nous avons le choix entre un marché de la dette senior très cher mais porté par les flux et le marché de la dette subordonnée décoté mais rendu volatil par un afflux de nouvelles émissions. Nous misons sur la dette subordonnée «Additionnal tier 1» (AT1) car le rendement compense la volatilité. Nous pensons que le secteur bancaire est moins risqué aujourd’hui en raison du «deleveraging» même si les garanties offertes aux créanciers sont moindres avec le Mécanisme de surveillance unique. Prenons un exemple, le Crédit Agricole rémunère sa dette senior 1,7 fois le taux sans risque à 10 ans et sa dette AT1 6 fois pour un doublement de la volatilité. Le marché des dettes AT1 rémunère généreusement, mais nous modérerons les risques en investissant sur les banques «core», convaincus que la revue de qualité des actifs (AQR) sera un catalyseur positif pour les performances.

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