Suez se renforce dans le nucléaire et entre dans l’EPR

Total et Suez devraient détenir chacun 20 à 25 % du consortium exploitant les deux EPR. Les analystes jugent faible l’effet relutif sur Suez
Bruno de Roulhac

De nouvelles perspectives pour Suez. Aujourd’hui, la France et les Emirats arabes unis (EAU) signent un accord bilatéral de coopération en matière de nucléaire civil. Un préalable à l’offre d’industriels français. Total, Suez et Areva viennent en effet de conclure un accord de partenariat « en vue de proposer aux autorités des EAU un projet de centrale électrique nucléaire sur leur territoire », précise le communiqué commun, « avec la fourniture de deux EPR de 1.600 MW ». Ces deux EPR devraient entrer en production en 2016. D’ici là, la période de préparation du projet et de certification pourrait prendre de un à deux ans et permettre une signature du projet au plus tôt à partir de la fin 2008.

Il faut laisser le temps aux EAU d’établir un cadre nucléaire. Puis sept à huit ans pour la construction de la centrale. Pressés de se développer dans le nucléaire civil – ils sont déjà importateurs de gaz naturel – les Emirats arabes unis « n’ont pas lancé d’appel d’offres, qui aurait pris deux à trois ans, et ont privilégié des partenaires déjà connus », confie une source proche du dossier. D’ailleurs, Total et Suez sont déjà associés depuis 2000 dans la génération d’électricité et la production d’eau dans les EAU au travers de Taweelah, qui produit environ 20 % de l’électricité de l’émirat d’Abou Dhabi.

Pour l’heure, « Suez et Total seront actionnaires à part égale dans le consortium exploitant les deux EPR, au côté de l’ADWEA (Autorité d’Abou Dhabi de l’eau et de l’électricité) qui devrait détenir de 50 à 60 % de l’ensemble, soit une part finale de 20 à 25 % pour Suez », précise un porte-parole de Suez. « Dans cette hypothèse où Suez détiendrait un quart du capital de la structure d’exploitation des deux EPR, nous estimons l’impact positif à environ 0,50 euro par action hors actualisation (0,3 euro par action après actualisation) », estime un analyste.

« Le vrai gagnant est Suez, qui trouve là enfin le couple gagnant pour la vente de ses unités de dessalement avec une électricité «propre» et peu chère tandis que le perdant est Veolia qui, bien que considéré comme le benchmark pour le dessalement, va voir ce type d’offre combinée terriblement concurrentiel », explique CM-CIC Securities, qui juge l’impact financier pour Suez « très limité » sur la base d’un prix de l’électricité ne dépassant pas les 40 euros le mégawatt-heure

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