Standard & Poor’s rapproche encore un peu plus la Grèce du couperet de la restructuration
La pente devient de plus en plus savonneuse pour Athènes. Standard & Poor’s a fait part hier de sa décision de reléguer la note grecque à long terme en territoire extrêmement spéculatif, à «CCC» contre «B» auparavant. Assortie d’une perspective négative, elle ne se situe désormais plus qu'à trois crans du «D». Moody’s et Fitch attribuent respectivement à la Grèce des notes «Caa1» et «B+».
Pour justifier sa décision, S&P souligne l'émergence d’un déficit de financement résultant en partie de la quasi-impossibilité pour la Grèce de retourner sur les marchés en 2012, voire au-delà. L’agence rappelle que le pays a des contraintes de financement très lourdes à court terme, avec 95 milliards d’euros d’emprunts d’Etat arrivant à maturité d’ici fin 2013 et 58 milliards d’euros en 2014.
«De plus, la dégradation reflète notre analyse selon laquelle les risques de mise en oeuvre liés au programme UE/FMI se sont accrus en raison de conditions politiques et économiques compliquées», précise l’agence. S&P juge de plus en plus probable le scénario d’une restructuration de la dette, qui se traduirait selon ses critères par un ou plusieurs défauts.
La mise à contribution du secteur privé - sous la forme d’un échange de dette ou d’un allongement des maturités - serait considéré comme un défaut de facto, a prévenu S&P. La note des instruments concernés serait abaissée à «D», tandis que celle du souverain chuterait à «SD» (défaut limité). Hier à Londres, le président de la BCE Jean-Claude Trichet a réaffirmé son opposition à toute décision impliquant le secteur privé qui entraînerait un événement de crédit ou un défaut limité.
Alors que la perspective d’une restructuration se rapproche, les négociateurs européens redoubleraient d’efforts pour éviter qu’une telle mesure ne se traduise par des exigences en fonds propres supplémentaires pour le secteur bancaire. Selon le Financial Times, deux effets d’aubaine auraient été identifiés dans la réglementation. L’un permettrait aux régulateurs de définir ce que constitue un défaut. L’autre qualifierait un défaut comme étant l’incapacité à effectuer des paiements pendant 90 jours ou plus. Une restructuration pourrait ainsi être associée à un «défaut temporaire» de moins de 90 jours, ne nécessitant pas de renforcement des fonds propres.
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