Standard Chartered à la peine dans le sauvetage de son SIV Whistlejacket
La banque a retiré deux propositions visant à secourir le conduit de 7 milliards de dollars, invoquant la détérioration de certaines classes d’actifs
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Tân Le Quang
La liste des défauts de véhicules d’investissement structuré (SIV) gérés par des banques risque de s’agrandir. Hier, Standard Chartered a retiré deux propositions visant à secourir Whistlejacket Capital, son SIV de 7 milliards de dollars. La banque a justifié sa décision en invoquant «le rythme de la poursuite de la détérioration sur le marché de certaines classes d’actifs». Le conduit a jusqu’à aujourd’hui pour honorer l’une de ses dettes. La semaine passée, S&P a dégradé les notations du véhicule, notamment celle de sa dette senior (CCC-) après que la valeur de l’actif net, en pourcentage du capital, fut passée en dessous du seuil test de 50%. Au 11 février, les dettes en portefeuille s'élevaient à 6,953 milliards de dollars, dont 43% du montant sont des dettes financières, 12% des RMBS*, 17% des CDO/CLO* et 9% des CMBS*.
Deloitte & Touche, en charge de l’administration judiciaire du SIV, a indiqué réfléchir à d’autres solutions. L’idée d’une vente forcée des actifs du conduit et celle de leur reprise au bilan de la banque ont été écartées, ce qui limite les possibilités. D’ailleurs, selon Deutsche Bank, «les résolutions de banques déployées ces dernières semaines face à la crise des SIV reposent plus souvent sur des débouclages ordonnés de portefeuilles, que ce soit de manière ‘organisée’ (cas de Citi) ou de manière imposée via ‘l’exécution forcée’ ou ‘l’administration judiciaire’ (cas de Standard Chartered et d’IKB)».
Par ailleurs, à l’opposé de Standard Chartered, d’autres banques semblent mieux gérer cette crise des SIV. Moody’s a récemment affirmé les notations de Beta Finance, Centauri, Dorada, Five Finance, Sedna Finance et Zela Finance, six véhicules intégrés au bilan de Citi, la banque sponsor ayant projeté de leur apporter 3,5 milliards de dollars de liquidités. La Banque de Montréal s’est engagée, elle, à soutenir financièrement Links Finance jusqu’à 11 milliards de dollars et Parkland Finance jusqu’a 1,76 milliard. HSBC avance à grands pas dans la restructuration de Cullinan Finance après le feu vert de ses investisseurs pour l'échange de leurs titres contre ceux émis par deux autres véhicules, Mazarin Funding (financé par dettes court/moyen terme) et Barion Funding (financé par dettes long terme). Ces derniers reprendront les actifs du premier et auront un financement de 26 milliards de dollars.
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