Socram Banque ressuscite le marché français des ABS de crédits automobiles
Le marché de la titrisation français reprend vie grâce à une petite institution financière du nom de Socram Banque. Détenue par BPCE à hauteur de 33,4% et aussi par neuf assureurs mutualistes, dont la Maif, la Macif et la Matmut, le numéro cinq du marché des financements de voitures neuves et d’occasion en France est en phase marketing auprès des investisseurs pour placer 450 millions d’euros de tranches d’un ABS adossé à des crédits automobiles, via le compartiment TitriSocram 2011-1 de son fonds commun de titrisation (FCT), TitriSocram. Originé par Socram Banque, le portefeuille d’actifs sous-jacents s’élève à 531 millions d’euros. La banque prévoit de placer 409,5 millions d’euros de tranche senior A notée «AAAsf» par S&P et Moody’s. La tranche subordonnée B sera retenue au bilan de l'émetteur pour 40,5 millions.
La dernière opération française publique sur ce segment, c’est-à-dire non retenue au bilan de l'émetteur pour être refinancée à la BCE, remonte à janvier 2007. Credipar, une filiale à 100% de Banque PSA Finance, avait alors placé Auto ABS Compartiment 2007-1. Pour Socram Banque, il s’agit de la sixième opération de titrisation, les quatre premières ayant été placées entre 2001 et 2005. En mai 2009, la banque avait retenu 450 millions d'émissions de TitriSocram pour les apporter en garantie auprès de la Banque de France, dans le cadre des facilités de refinancement de la BCE. L'établissement avait ainsi obtenu un refinancement pour 275 millions.
«TitriSocram 2011-1 rentre dans le cadre de la stratégie de diversification de nos sources de financement, explique Jean-Paul Ménagé, directeur général adjoint de Socram Banque. Depuis notre dernière émission publique en 2005, les conditions de marché ne nous ont pas permis de recourir à la titrisation. C’est désormais le cas aujourd’hui. Nous avons bon espoir de placer notre tranche senior auprès des investisseurs à des conditions similaires à celles des dernières opérations de titrisation de même nature sur le marché européen.»
Reste que côté spread, selon Natixis, «la signature moins visible de l’originateur et le fait que cette transaction marque le retour sur le marché de l’émetteur après sept ans d’attente devrait peser du côté des investisseurs». Ces derniers pourraient demande une prime par rapport aux transactions de Volkswagen Lease et Volkswagen Banking, qui se traitent autour de 55 pb.
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